Pendant que certains chauffeurs expérimentés y verront le point culminant de leur carrière, d'autres entament ce voyage comme leur baptême de la route et le premier pas vers un important changement de carrière.
Hier matin, une trentaine de chauffeurs de la compagnie Bell Horizon se sont levés aux aurores et ont pris le chemin de Vancouver à bord de quinze autobus.
Pendant trois jours, les chauffeurs se relaieront au volant pour mener les autobus jusqu'à Vancouver, où les véhicules serviront à faire le transport de spectateurs de Vancouver jusqu'au site des compétitions, à Whistler. La flotte d'autobus se joindra aux 550 véhicules prévus entre Vancouver et Whistler pour assurer le transport.
Ce matin, ce sont 14 chauffeurs du Groupe Hélie qui feront la même chose. À bord de six autobus, le groupe se rendra également dans l'Ouest canadien afin de prendre lui aussi quotidiennement la route qui sépare Vancouver de Whistler, cette fois pour y conduire les familles des athlètes. Une tâche pour laquelle les chauffeurs de Groupe Hélie se considèrent privilégiés.
«On risque de partager de grands moments de joie ou de grandes déceptions. Les familles sont derrière les athlètes depuis toujours, et nous les menons vers l'endroit où leur enfant atteindra son objectif ultime. C'est quelque chose de pouvoir partager ça et en être témoin», raconte avec une pointe d'émotion Christian Lamothe, chauffeur pour Groupe Hélie.
Ses collègues et lui cumulent en moyenne 22 ans d'expérience. C'est d'ailleurs aux chauffeurs les plus expérimentés de la compagnie qu'on a d'abord offert cette opportunité.
«Plusieurs d'entre nous avons vécu la crise du verglas et le Sommet des Amériques à Québec. Mais là, les Jeux olympiques, je crois bien que ce sera le moment fort de notre carrière», poursuit Christian Lamothe.
Pour sa part, la répartitrice chez Groupe Hélie, Solange Poulin, a travaillé depuis le mois de mars sur le projet d'envoyer certains chauffeurs à Vancouver. Ce matin, elle aussi sera du voyage, afin d'assurer la bonne coordination du groupe là-bas.
«Nous partons avec six autobus très récents. Nous avons passé des contrôles routiers sur chacun des véhicules. Là-bas, nos chauffeurs travailleront en uniforme de la compagnie et tous nos véhicules sont lettrés. Ce sera aussi une belle visibilité pour nous», évoque-t-elle.
Chez Bell Horizon, 19 chauffeurs d'expérience ont pris la route hier matin, en compagnie de onze nouveaux collègues de travail, fraîchement formés pour se rendre vers Vancouver.
En effet, entre septembre et décembre, ces nouveaux chauffeurs ont suivi une formation théorique et pratique de 330 heures pour être embauchés et prendre part à cette expérience unique.
Pour François Germain, il s'agit d'un changement complet de carrière. Après avoir été éducateur physique et, dernièrement, directeur des ventes dans un club de golf de la région, voilà qu'il se retrouve derrière un volant, en direction de Vancouver.
«J'ai toujours aimé conduire, j'aime être avec le public et j'aime les voyages. C'était un travail fait pour moi. Et avec ma formation d'éducateur physique, c'était mon rêve de pouvoir un jour voir les Jeux olympiques. Je réalise un grand rêve», explique-t-il, en ajoutant que si le temps le lui permet, il aimerait bien pouvoir assister à une compétition de ski une fois à Vancouver.
François Germain boucle du même coup une boucle olympique entamée en 1988 alors qu'il avait porté la flamme olympique des Jeux de Calgary. Mais l'aventure Bell Horizon ne s'arrêtera pas là pour lui.
«On nous a formé pour Vancouver, mais on nous a aussi assuré qu'on aurait du travail par la suite. Je ne suis pas inquiet de partir pendant près d'un mois. Mes enfants sont presque des adultes et ma conjointe m'a tellement encouragé là-dedans. Elle est à 100 % derrière moi», confie-t-il.











