Questions face à une entente entre MasterCard et l'UQTR

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une nouvelle entente de près de 10 ans intervenue à la mi-janvier entre l'Association des diplômés et diplômées de l'Université du Québec à Trois-Rivières et MBNA Canada / MasterCard soulève certaines inquiétudes au sein du Syndicat des professeurs qui en fait part dans son journal interne du 29 janvier.

MBNA Canada pourra en effet solliciter les étudiants, les diplômés ainsi que le personnel de l'Université afin de leur proposer une carte de crédit MasterCard.

Le Syndicat, qui a pris connaissance du contenu de cette entente, craint qu'elle ne donne lieu à des fuites de renseignements personnels au sujet des étudiants, des professeurs et des diplômés si la liste des noms, adresses, numéros de téléphone et courriels de ces derniers est remise à l'agence de publicité avec qui fait affaires MBNA.

Le Secrétaire général de l'UQTR, André Gabias, tient toutefois à se faire très rassurant à ce sujet. L'Université n'a tout simplement pas le droit de divulguer ces listes.

«Les étudiants et le personnel ne seront sollicités d'aucune façon pour des questions de cartes de crédit» par téléphone, courrier ou courrier électronique, affirme-t-il, puisque l'Université est soumise à la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.

«Les renseignements que l'Université détient sur ses étudiants, bien sûr, ne peuvent servir que pour les fins de l'Université», rappelle-t-il.

Du côté de l'Association des diplômé(e)s de l'UQTR, le président, Roger Périgny, assure qu'il n'est pas question non plus de donner la liste des diplômés à l'agence de publicité.

L'UQTR compte quelque 60 000 diplômés et l'Association des diplômés détient les coordonnées de 50 000 d'entre eux.

L'Association, explique-t-il, communiquera toutefois avec tous les diplômés dont elle possède l'adresse courriel afin de leur demander l'autorisation de remettre leurs coordonnées à l'agence de publicité.

Seules les personnes qui auront donné leur autorisation seront sollicitées par MasterCard, dit-il. Les coordonnées des personnes qui n'auront pas pu être contactées, qui auront refusé ou qui n'auront pas répondu ne seront pas données à l'agence, précise-t-il.

Toujours selon le syndicat, MBNA Canada pourra «mener 20 campagnes de publipostage, 100 campagnes de médias électroniques et vingt semaines d'activités promotionnelles sur le campus. En outre, elle pourra utiliser les moyens de communication du campus.»

Cette information n'a pu être confirmée puisque l'entente n'est pas publique, précise André Gabias.

Le président du Syndicat des professeurs, Michel Volle, estime que ce genre d'entente n'est pas sans évoquer «les contrats secrets avec Coca-Cola et d'autres compagnies comme ça. On a poussé les étudiants à utiliser des produits questionnables, que ce soit le crédit ou des boissons gazeuses quand on sait qu'elles ne sont pas santé, tout ça pour faire de l'argent», déplore-t-il.

Toutefois, André Gabias rappelle que l'entente n'est pas avec l'Université, mais bien avec l'Association des diplômé(e)s et c'est cette association-là qui récoltera les bénéfices de l'entente pour se financer (soit une redevance de 26 000 $ par année, selon le syndicat).

Contrairement à certaines autres universités qui mettent un frein ou interdisent carrément l'utilisation des cartes de crédit pour payer les frais de scolarité, l'UQTR l'accepte.

Dans son budget, elle a d'ailleurs réservé un montant de 181 000 $, confirme Me Gabias, afin de rembourser les frais reliés à l'utilisation des cartes de crédit qui sont en moyenne de 2 %, selon les cartes.

Sur les 17 millions $ payés en frais de scolarité chaque année à l'UQTR, près de 9 millions $ le sont avec des cartes de crédit, précise le Secrétaire général.

Afin d'économiser, certaines universités, comme Concordia, n'acceptent plus les paiements par cartes de crédit depuis l'automne 2009, car elles lui avaient coûté 1,3 million $ de frais à rembourser aux compagnies émettrices lors de l'exercice financier de 2008-2009.

L'Université de Sherbrooke s'est dotée d'une politique du même genre.

 

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