Le cousin d'Alain Piché s'explique mal la décision de la Cour

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Mathieu Lamothe

Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le jugement de la Cour d'appel qui renverse la décision de la Cour supérieure selon laquelle Alain Piché était indigne d'hériter de ses parents choque au plus haut point la famille de celui qui a tué et décapité ses parents en 2007.

Joint au téléphone en fin de journée hier, le cousin de Piché, Germain Martel, a affirmé qu'il avait de la difficulté à concevoir que les juges de la Cour d'appel soient arrivés à la conclusion que l'ex-comptable pouvait hériter de ses parents.

«Je suis choqué. Je n'ai pas pris connaissance du jugement au complet. On va prendre les décisions par la suite. Mais c'est sûr que je suis très déçu de la décision. Je ne trouve pas ça logique. Ça reste bloqué à travers la gorge. Il a tué ses deux parents et il hérite de leurs biens. Ce n'est pas en raison de leur valeur, mais plus en raison du principe», a confié M. Martel. La valeur des biens dont Piché est maintenant l'héritier légal est d'ailleurs estimée à environ 300 000 $.

Le cousin de l'homme qui a été jugé non responsable du double meurtre de ses parents pour troubles mentaux a mentionné que les membres des familles des deux victimes se rencontreront prochainement afin de voir s'ils formuleront une requête pour aller en appel devant la Cour suprême.

Cette décision amène également M. Martel à se questionner sur l'efficacité du système de justice.

«C'est comme s'il y avait une deuxième catégorie d'individus. C'est comme si une personne qui a une maladie mentale a le droit de tuer. Il n'a pas restriction ou de dossier criminel. Il va en avoir un pour avoir tenté d'allumer un incendie. Mais avoir tué deux personnes, ça passe dans le beurre. C'est un non-sens», a-t-il mentionné.

De son côté, la cousine de Piché, Julie Martel, n'avait pas été mise en courant de la décision lorsque Le Nouvelliste l'a jointe en fin de journée.

«Il n'y a pas de justice. Les deux bras me tombent», a-t-elle laissé tomber.

Pour les membres de la famille, ce nouveau rebondissement vient de plus raviver des souvenirs douloureux.

«Ça va bientôt faire trois ans que c'est arrivé et nous avons hâte de tourner la page et de faire notre deuil de cette histoire-là», a indiqué Germain Martel.

Des voisins en attente

Bien qu'ils aient fréquemment déclaré publiquement qu'ils ne voulaient pas revoir Alain Piché dans leur quartier, les résidents de la maison située immédiatement à côté de celle où est survenu le drame en 2007 attendent avant de monter aux barricades.

Selon Jean-Pierre Roof, il n'est pas encore arrivé le jour où Alain Piché reviendra vivre dans la maison qui est située sur la rue Milot dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

«Il est encore à Pinel pour l'instant. On va attendre. Il est apte à recevoir l'héritage de ses parents, mais est-ce qu'on va l'avoir comme voisin? J'espère que non. Je souhaite qu'il ait compris qu'une pétition a été signée par les gens du quartier et qu'ils ne veulent pas le revoir», a confié M. Roof.

Voir Alain Piché pourra toucher l'héritage

 

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