La violence physique dans le développement de l'enfant

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 200 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Sur le même thème

 

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(La Tuque) C'est à l'âge de deux ans que l'humain a le plus recourt à l'agression physique. De plus, utiliser la violence physique est un geste normal du développement de l'enfant. Les vrais «bums» seraient-ils dans les garderies?

Les conclusions des recherches sur l'agressivité des jeunes de Jean Gervais, professeur au département de psychoéducation et de psychologie de l'Université du Québec en Outaouais, peuvent ébranler certains parents. Elles détruisent l'image de saint du petit être chéri.

Il était l'invité du centre de la petite enfance (CPE) Premier pas de La­Tuque, qui était l'hôte la semaine dernière de la réunion provinciale 2010 des centres du Programme d'aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques (PAPACUN).

Des éducatrices et éducateurs de partout au Québec, y compris du Nunavik, étaient réunis au Club Odanak en plein coeur de la forêt, à quelques kilomètres à peine de La ­Tuque, pour échanger sur les réalités et sur les défis des centres de gardes des communautés autochtones.

Le professeur Gervais a coordonné une recherche internationale sur la violence et l'agressivité des jeunes. Des chercheurs de partout et de toutes disciplines ont collaboré avec lui.

Il a dirigé la production du documentaire Aux origines de l'agression: la violence de l'agneau en compagnie de Richard E. Tremblay de l'Université de Montréal.

«Je voulais avoir l'expertise de toutes les sciences pour avoir un portrait global de l'agressivité. Nous avons vraiment découvert l'universalité du phénomène», explique-t-il.

Il est apparu évident aux chercheurs que le recours à l'agressivité et à la violence physique chez un enfant de 2 ans était tout à fait normal.

«Surtout les enfants qui vivent avec des frères et soeurs. Simplement parce qu'ils sont plus souvent soumis à des frustrations», souligne le chercheur.

Il arrive régulièrement que les parents d'enfant unique découvrent le côté obscur de leur descendance à la garderie. Pour la simple raison que les centres de garde sont des milieux où l'enfant socialise avec des égaux, sans le lien d'autorité physique que représentent ses parents.

«C'est normal que les cas d'agression physique chez les jeunes enfants arrivent à la garderie, les contacts et les sources de frustrations sont nombreux. Beaucoup de parents accusent les éducatrices de ne pas bien s'occuper des enfants quand une telle chose arrive. En comprenant que c'est un geste normal, on comprend les limites du pouvoir de l'éducatrice», estime M.­Gervais.

Il n'existe pas de différence entre les jeunes filles et les jeunes garçons à l'âge de 2 ou 3­ans. C'est par la suite que les comportements violents se démarquent.

«Les petites filles utilisent un peu plus la violence indirecte comme le rejet social que les jeunes garçons», soutient M.­Gervais.

Le recours à la violence physique pallie souvent un manque de capacité communicationnelle. Un enfant de deux ans ne sait pas exprimer clairement ses émotions. Il vaut mieux apprendre à l'enfant à communiquer plutôt que de l'exclure du groupe.

«Le système de garderie n'est pas outillé pour subvenir aux besoins des enfants agressifs. Le ratio est d'une éducatrice pour huit enfants alors que pour les poupons, c'est 1 pour 5. Trop souvent, on exclut les enfants agressifs et on les ghettoïse», souligne Christiane Morin, directrice du CPE Premier pas.

Jean Gervais abonde en ce sens. Il estime qu'il n'y a rien de plus nocif que de réunir les enfants agressifs dans des centres spéciaux où la violence est trop souvent encouragée par les pairs.

«Il faut comprendre qu'un individu agressif n'est pas heureux dans notre société. Personne ne veut avoir de contact avec ce genre de personne», affirme-t-il.

«Nous sommes bien mieux de nous occuper de la question dès le tout jeune âge pour apprendre à l'enfant d'autres moyens de communication.»

Pour ce faire, il faut miser sur une étape importante dans le processus d'apprentissage, la réconciliation. Une phrase est ressortie des conversations entre la trentaine d'éducateurs et d'éducatrices qui résume bien leurs pensées.

«C'est quand un enfant le mérite le moins qu'il a le plus besoin de notre amour», conclut Christiane Morin.

 

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer