Un peu beaucoup malgré elle si on estime que vingt nouveaux élèves pourraient facilement s'ajouter à la trentaine de jeunes qui, eux, ont compris qu'en franchissant la porte de cette école qui n'en est pas vraiment une, ils ont choisi de «Réussir autrement», le mot d'ordre de la maison.
La MFR de Maskinongé est le croisement entre l'école et la résidence familiale. Basé sur la formule de l'alternance travail-études, l'enseignement s'adresse à des jeunes âgés entre 15 et 17 ans. Tout en complétant leurs études secondaires, ces adolescents peuvent entreprendre un diplôme d'études professionnelles, stages en milieu de travail inclus.
Ce parcours échelonné sur deux ou trois ans implique une association pour le moins originale entre les familles, les intervenants scolaires et le reste de la communauté. Tous et chacun jouent un rôle complémentaire auprès de l'élève qui évolue dans cet univers hybride.
C'est qu'à raison de deux semaines par mois, durant la portion académique dispensée à l'intérieur de l'ancienne école primaire Saint-Élizabeth, les jeunes habitent dans une maison qui a été spécialement construite pour eux à proximité de la MFR.
Dans cette résidence qui a toutes les allures d'une maison familiale, les élèves évoluent ensemble, guidés par la présence d'une technicienne en éducation spécialisée.
Ils se partagent les tâches ménagères, assistent à des ateliers de toutes sortes, de la gestion de conflit à la confiance en soi en passant par le tricot! Bref, ils expérimentent la vie en groupe, l'entraide, etc.
Lorsqu'ils prennent la direction de la MFR, c'est pour y suivre les cours menant à l'obtention du diplôme d'études secondaires et évoluer parmi l'un des quatre programmes de formation professionnelle qui sont offerts par des enseignants des commissions scolaires de l'Énergie, du Chemin-du-Roy et de la Riveraine.
Il s'agit de production laitière, d'abattage manuel et débardage forestier, de protection et exploitation de territoires fauniques et du service de la restauration.
Durant les périodes de stage, ici aussi à raison de deux semaines par mois, l'élève est pris en charge par le maître de stage qui, en plus de partager sa passion du métier, ses trucs et ses techniques de travail, offre l'hébergement à l'élève. Ce dernier peut alors mieux saisir le mode de vie rattaché à son futur métier.
«La MFR donne du sens aux apprentissages», résume le directeur de l'école alternative, Édouard Mckenzie. En poste depuis la rentrée 2009, l'homme est visiblement convaincu du bien-fondé de la MFR.
Il doit cependant admettre qu'à sa quatrième année d'existence, la MFR demeure un concept méconnu, dont la survie repose sur l'équilibre financier, un «combat perpétuel», laisse tomber le directeur avant de mentionner que la MFR a atteint cette année une vitesse de croisière qu'en n'entend pas relâcher.
Présentement en pleine campagne de recrutement, M. McKenzie vise 50 élèves à la rentrée 2010-2011. Ils sont présentement 35, majoritairement des garçons.
Les coûts d'hébergement d'un élève du MFR sont de 325 $ par mois, des frais qui sont cependant admissibles, pour les élèves de 4e et 5e secondaires, aux prêts et bourses. Pour les plus jeunes, ils peuvent adhérer à un programme de remboursement qui tient compte de leur parcours en milieu plus éloigné.
Une journée portes ouvertes à la MFR de la MRC de Maskinongé aura lieu ce vendredi 12 février, de 9 h à 16 h.











