La régie du lentement!

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Regroupement des comités logement et associations des locataires du Québec a procédé, hier, dans six villes au Québec, dont Trois-Rivières, au dévoilement d'un nouveau nom pour la Régie du logement, soit la Régie du lentement.

Comme son nouveau nom l'indique, les organismes veulent ainsi protester contre les longs délais à la régie: délais qui peuvent atteindre jusqu'à 16 mois en moyenne pour les locataires.

Pour bien convaincre le public que ces organismes n'exagèrent pas, Diane Vermette, du Comité logement de Trois-Rivières, a cité deux cas de la région.

Le premier concerne un résident de Nicolet qui a fait parvenir une mise en demeure à un locateur en octobre 2009. Le propriétaire, plutôt que de faire les réparations demandées, déposa lui-même une demande d'éviction contre lui, quelques jours plus tard.

Les deux parties furent convoquées en janvier 2010 pour la deuxième plainte, qui a été rejetée, le locataire, preuve à l'appui, ayant toujours payé son loyer à temps.

Quant à la demande pour réparation, infiltration d'eau par le cadre de porte, fissures et trous dans les murs, elle risquerait de passer devant un régisseur d'ici un an ou deux, estime-t-on au CLTR.

L'autre cas est celui d'un locataire de Trois-Rivières qui a présenté une demande de baisse de loyer en juin 2007 pour des planches brisées qui devaient être réparées avant son entrée dans le logement. Sa cause a été entendue le 5 janvier... 2010.

Le jugement rendu le 29 janvier lui donne raison et ordonne au locateur de rembourser une portion du loyer, applicable à partir de la date de la demande.

Selon Mme Vermette, quand les délais d'audience sont supérieurs à la durée du bail, cela équivaut pour les locataires à un déni du droit à un logement sécuritaire et en bon état d'habitabilité.

Le regroupement demande de rétablir la justice sans délai, et que toutes les causes urgentes, celles impliquant la santé et la sécurité, soient entendues dans un délai de 72 heures et que toutes les autres causes soient entendues sur la base du «premier arrivé, premier servi» et ce à l'intérieur de 3 mois.

On ne veut plus d'une régie à deux vitesses, la rapide pour les propriétaires et la lente pour les locataires,

L'objectif est réaliste, assure-t-on, car le délai de trois mois était la norme en 2000. Le regroupement espère que le ministre des Affaires municipales profitera du prochain budget pour rappeler au ministre des Finances qu'il est temps d'agir.

 

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