La pyrrhotite était de la première vague

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 200 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Sur le même thème

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On a toujours parlé de pyrite pour décrire la première vague qui avait frappé une trentaine de propriétaires de Trois-Rivières et des environs, au début des années 2000.

Or, selon les rapports d'analyses déposés à la cour lors du procès, il y avait aussi de la pyrrhotite, la même substance qui attaque actuellement les fondations de centaines de résidences dans la région.

La trentaine de cas survenus au cours de cette première vague ayant été réglés hors cour, la présence de pyrrhotite n'avait jamais été mise à jour.

Or, il s'avère que plusieurs expertises, dont une signée en 2004 pour des fondations coulées en 1999 ou en 2000 avec les granulats de la carrière BB (la même mise en cause dans les cas actuels), relient la question des fissurations dans le béton à la présence de pyrite et de pyrrhotite. «C'était la conclusion de l'expert de l'APCHQ», signale l'avocat de plusieurs victimes, Me Pierre Soucy, documents à l'appui.

En fait, la pyrrhotite est mentionnée dans tous les rapports d'ingénieurs et de laboratoires ayant trait à la première vague. L'un d'eux, daté de 2004, mentionne même que les gros granulats contenaient de «1 % à 5 % de pyrite et de pyrrhotite» et «ne rencontrent pas la norme CSA».

«Quand je regarde les analyses de béton, quand je regarde les résultats des expertises et les conclusions des experts et si je compare les conclusions des experts, dès les premières expertises qu'on a fait faire au début des années 2000 avec celles d'aujourd'hui, ce sont les mêmes conclusions», résume Me Soucy.

Ce dernier n'admet donc pas que l'on dise «qu'on ne le savait pas», comme l'a déclaré au Nouvelliste la Régie du bâtiment ou «que c'est un cas différent aujourd'hui», comme le maintient le directeur de la Garantie des maisons neuves, Bruno Nantel.

«Si l'on avait exactement le même problème cette fois-ci, on pourrait tirer des conclusions plus rapidement de l'expérience qu'on avait accumulée dans la première vague, mais ce n'est pas le cas», a en effet réitéré M. Nantel, hier.

Du même souffle, le directeur de la Garantie nuance que dans la première vague, «il y avait un mélange de pyrite et de pyrrhotite, mais la pyrite était le principal coupable».

Me Soucy martèle au contraire que «depuis 1999, c'est le même problème».

Les minéraux fautifs dans les cas dénoncés ces mois-ci, ajoute-t-il, proviennent d'ailleurs du même profil géologique, de la même montagne que ceux de la première vague. La carrière BB de Saint-Boniface, rappelle l'avocat des victimes, s'approvisionne en effet tout près de l'ancienne carrière qui avait valu des poursuites à Carrière Maskimo et qui a été vendue depuis.

Les victimes se demandent comment il se fait que la Régie du bâtiment n'était pas au courant du cas de Trois-Rivières si la Garantie des maisons neuves, elle, l'était. Les victimes se demandent aussi comment il se fait que rien n'a été fait pour empêcher qu'un tel drame se reproduise.

Dans une entrevue accordée au Nouvelliste il y a quelques jours, la porte-parole de la Régie du bâtiment, Marjolaine Veillette, expliquait que cette affaire «a toujours été considérée comme un accident de parcours et non pas comme une problématique de la région. Ça a toujours été vu comme quelque chose d'isolé.»

Du côté de la Garantie, même son de cloche: «Ça a été classé à ce moment-là comme une erreur humaine ou un accident de parcours avec des conséquences graves, mais limitées», fait valoir Bruno Nantel.

 

Aucun résultat d'analyse

Les propriétaires des maisons potentiellement affectées par la pyrrhotite attendent avec impatience les résultats des analyses qui confirmeront si oui ou non leurs fondations contiennent de la pyrrhotite et devront être refaites. Le porte-parole de la coalition Proprio-Béton, Yvon Boivin, craint que tous reçoivent leur rapport en même temps et que cela occasionne un goulot d'étranglement dans les travaux et par ricochet, une hausse du prix de la main-d'oeuvre.

Le directeur de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ, Bruno Nantel, explique avoir acheminé jusqu'à présent 172 demandes à la firme Inspec-Sol, «ce qui est énorme, même pour un gros laboratoire comme ça», dit-il.

Actuellement, 106 dossiers ont commencé à être analysés, dit-il et la Garantie n'a encore reçu aucun rapport final.

M. Nantel reconnaît que les propriétaires vont recevoir leur rapport presque tous en même temps. «parce que les réclamations sont à peu près toutes entrées à l'automne», explique-t-il.

Pour ce qui est d'un goulot d'étranglement dans les travaux, c'est une autre histoire, ajoute le directeur.

C'est que les travaux vont se répartir sur une période de trois ans. M. Nantel ajoute que c'est la Garantie qui va trouver les entrepreneurs pour les réaliser (pour ceux qui sont couverts par la Garantie).

Pourquoi un si long délai? D'abord pour des questions de disponibilité de main-d'oeuvre qualifiée et spécialisée. «La capacité de l'industrie à Trois-Rivières n'est pas énorme», constate-t-il.

Bien qu'elle soit en pourparlers avec trois ou quatre entrepreneurs de la région, la Garantie pourrait avoir recours aussi à des entrepreneurs de l'extérieur.

Conscient que les victimes veulent que la situation se règle le plus tôt possible et au risque de créer de l'insatisfaction, M. Nantel explique que la Garantie entend régler les cas les plus urgents d'abord, soit ceux qui risquent des infiltrations d'eau dans la maison. D'autres propriétaires pourraient devoir patienter un ou deux ans, prévient-il.

La Garantie des maisons neuves a rencontré le vice-président d'Inspec-Sol, mardi, à la suite d'une réunion tenue avec l'industrie du béton et des carrières. Ensemble, ils ont fait le point sur la manière dont il faudra désormais identifier les meilleures sources d'approvisionnement de pierres et de béton «à défaut d'avoir des balises plus précises dans la norme actuelle».

«On doit être prudent au niveau de l'approvisionnement de ce qui va servir à la réparation et aussi face aux conseils qu'on donne aux entrepreneurs qui construisent encore dans la région», fait-il valoir.

Le directeur de la Garantie a demandé au laboratoire de lui fournir un rapport de synthèse sur la problématique de la pyrrhotite au plus tard fin février ou début mars. «Ça va jeter des balises sur ce qui est problématique», dit-il.

C'est qu'après ces rencontres, la Garantie a découvert que localement, aucun laboratoire n'est plus en mesure de dire, à partir d'un carottage, si des fondations sont problématiques ou non.

«Ils ne veulent pas se prononcer parce que ces balises-là ne sont pas en place.» La pyrrhotite, ajoute-t-il, semble «beaucoup plus problématique que ce que n'importe qui pourrait l'imaginer».

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer