C'est avec beaucoup d'enthousiasme que ses dirigeants ont annoncé, hier matin, la création d'un choeur d'élèves à l'école primaire Saint-François-d'Assise, une chorale qui exploitera un créneau qui n'existe pas à Trois-Rivières ni ailleurs dans la région.
En effet, les jeunes chanteront aussi bien du répertoire classique que populaire mais également des pièces jazzées, des comédies musicales, des airs traditionnels et actuels.
La commission scolaire avait aussi une autre corde à son arc. Claude Ménard hérite de la direction de ce choeur d'enfants. En plus de cumuler une vingtaine d'années d'expérience dans l'enseignement musical, il assurera un lien étroit entre l'école primaire, l'école secondaire des Pionniers et le Cégep de Trois-Rivières.
En annonçant qu'un vent nouveau soufflera pour les élèves et les parents de Saint-François-d'Assise, la commission scolaire a tenu à rappeler qu'elle entend jouer un rôle de premier plan sur la scène culturelle trifluvienne.
«En ce moment même où nous pourrions manifester de la déception, il est dans la culture de notre organisation de prendre acte et de saisir l'opportunité de maintenir, voir de tenter d'améliorer un service offert aux élèves de l'école publique», a déclaré le président du conseil des commissaires, Yvon Lemire.
Directeur général de la commission scolaire, Michel Morin a renchéri en répétant qu'il s'agit d'un programme de très haut niveau et accessible. Les frais annuels seront de 125 $ pour les élèves du premier cycle et de 225 $ pour ceux du 2e et du 3e cycle. «Quand on parle d'accessibilité, on parle d'une chance égale pour tous», a-t-il dit avant de rappeler que les parents d'un élève Petit chanteur déboursent actuellement la somme de 1000 $ par année.
«On va répondre à un nouveau besoin qui sera offert à l'ensemble des élèves de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy», a annoncé M. Morin. Tous les jeunes qui désirent se joindre à cette chorale pourront être transportés jusqu'à l'école primaire Saint-François-d'Assise où est maintenu le programme de musique-études.
Directeur de l'établissement, Robert Readman a expliqué que le choeur d'élèves qui verra le jour s'inscrit dans une nouvelle orientation qui peut être observée aussi bien en Amérique du Nord qu'en Europe.
«On peut dire que ce ne sera pas un doublon de ce qui existe déjà. Nous ne créons pas une maîtrise dans le sens traditionnel du terme. Ce programme saura allier à la fois l'expression vocale et corporelle», a-t-il dit en traduisant cette chorale par le terme Show Art.
«Les élèves chanteurs sont appelés à être plus en mouvement», a-t-il ajouté, persuadé de l'intérêt des enfants pour ce type de formation éclectique. On n'a qu'à penser à la grande popularité d'une télésérie comme High School Musical où les jeunes sont plongés dans l'univers de la comédie musicale. M. Readman donne aussi l'exemple du choeur d'enfants Sotto Voce qui, dit-il, fait un véritable tabac en France.
Des tests d'admission et d'aptitudes pour l'ensemble des élèves de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy se tiendront le samedi 20 février prochain à l'école primaire Saint-François-d'Assise.
Fausses notes selon la commission scolaire
La Commission scolaire du Chemin-du-Roy n'allait pas passer sous silence les propos des dirigeants de l'École des Petits chanteurs de Trois-Rivières qui ont évoqué différents motifs pour justifier leur départ de l'école primaire Saint-François-d'Assise. La décrépitude des locaux d'enseignement, le manque d'espace et les difficultés de recrutement en raison du refus d'admission d'élèves et la qualité du quartier sont au nombre des causes qui ont été soulevées sur la place publque.
«Au cours des décennies, pour la Commission scolaire de Trois-Rivières comme pour la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, la considération envers les Petits chanteurs n'a jamais changé. Ils font partie des nombreux fleurons de notre organisation. La décision de quitter la commission scolaire en juin prochain leur appartient et nous ne la commenterons pas. Cependant, il arrive parfois que, pour des motifs nébuleux, le jugement hors de la portée et le commentaire en demi-ton pourraient laisser croire en la vétusté et à l'exiguïté», a d'abord déclaré le président du conseil des commissaires, Yvon Lemire, qui assure que tous les élèves et les membres du personnel de la commission scolaire évoluent dans des locaux adéquats.
«L'abbé Thompson a dirigé pendant des années les Petits chanteurs. Des années, nous avions jusqu'à 90 élèves dans ces mêmes locaux que nous avons améliorés et là, on manquerait d'espace avec 55 élèves. Que faisait l'abbé Thompson avec 90 élèves? On fait juste poser la question», a lancé le directeur général, Michel Morin.
Sur la question de l'emplacement de l'école primaire Saint-François-d'Assise qui est établie dans le quartier du même nom, M. Lemire a adopté un ton cinglant.
«Jamais nous n'accepterons que quiconque lié à notre organisation utilise l'argument de l'école située dans un quartier défavorisé. Jamais nous n'accepterons de considérer la valeur de nos élèves en rapport avec la valeur des revenus des parents ou la nature socio-économique du quartier. C'est dans les premiers quartiers que nous retrouvons notre centre administratif et on l'a fait par choix. On y retrouve aussi le musée, de grandes institutions et on y trouvera peut-être éventuellement le plus fabuleux projet de la Ville de Trois-Rivières», a-t-il énuméré.
Enfin, M. Morin n'a pas apprécié le commentaire des dirigeants des Petits chanteurs, à l'effet que la commission scolaire aurait refusé vingt élèves de 1re année en prévision de l'année 2009-2010.
«Lorsqu'un élève est admis aux Petits chanteurs, il faut tenir compte du volet académique et de l'enseignement du chant», a-t-il expliqué avant de souligner que la décision finale est prise conjointement et solidairement par le directeur de l'école primaire et la personne qui assume la direction musicale des Petits chanteurs.
«Lorsqu'on dit que la commission scolaire, par la direction de l'école primaire, a refusé vingt élèves, il y a une erreur», soutient M. Morin qui précise que ce sont plutôt neuf élèves, dont cinq en première année, qui au terme des tests d'admission et d'aptitudes, n'ont pas été retenus pour faire partie des Petits chanteurs.











