Proprio-Béton a rencontré le ministre Hamad

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Quelques victimes de la pyrrhotite et membres de... (Photo: Stéphane Lessard)

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Quelques victimes de la pyrrhotite et membres de la Coalition Proprio-Béton ont effectué une visite surprise, hier, aux membres de l'Association béton Québec réunis en colloque à Trois-Rivières.

Photo: Stéphane Lessard

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coalition Proprio-Béton a été reçue pendant une heure, hier, par le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre du Travail, Sam Hamad.

Elle est sortie de cette rencontre avec plusieurs gains importants, mais aucune promesse d'aide financière. «Évidemment, le gouvernement ne peut pas donner de réponse comme ça. Nous sommes en train de regarder et d'évaluer toute la situation globalement», a expliqué le ministre Hamad en entrevue au Nouvelliste.

«Si vous demandez de quel côté nous sommes», tient-il toutefois à préciser, «nous sommes du côté des citoyens.»

La Coalition a d'ailleurs pu constater que plusieurs gestes importants ont déjà été posés par Sam Hamad dans leur dossier.

Elle a en effet obtenu l'assurance que l'ensemble des rapports d'expertises seront déposés et remis aux citoyens d'ici la fin du mois de mars, une nette amélioration puisqu'il avait toujours été question de juin.

«À partir du début avril, la Garantie des maisons neuves commence les travaux pour les cas les plus urgents, il y en a une cinquantaine», raconte le porte-parole des victimes, Yvon Boivin qui se dit très satisfait de cette amélioration dans les échéanciers.

M. Boivin ajoute que la Coalition est d'accord pour que les cas les plus urgents passent en premier.

D'autre part, le ministre a aussi demandé à la Garantie des maisons neuves de faire preuve de souplesse face aux demandes qui lui sont acheminées. C'était d'ailleurs là une des requêtes de la Coalition qui déplore que certains propriétaires ne soient plus couverts parce qu'ils ont dépisté leurs problèmes de fondations quelques semaines après la fin de leur plan de garantie.

«On a avancé», se réjouit Yvon Boivin. «Les députés régionaux ont mis l'accent pour accélérer le processus et ça donne des résultats», dit-il. «Notre priorité, c'est nos citoyens», a tenu à préciser elle aussi la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand qui assistait à la rencontre à Québec en compagnie du député de Maskinongé, Jean-Paul Diamond.

Des représentants de la Régie du bâtiment du Québec étaient eux aussi présents à cette rencontre. Le ministre Hamad demandé à la RBQ de regarder les aspects techniques du dossier pyrrhotite.

«Sur le plan technique, c'est un problème très compliqué. Ce sont des réactions chimiques et vous ne savez pas quand est-ce que ça arrive. Il y a des conditions pour ces réactions chimiques-là», dit-il.

Bien que la Coalition demande une clarification de la norme du béton, le ministre estime que le problème ne repose pas de ce côté. «Les problèmes sont souvent sur l'interprétation des normes et sur l'application des normes», dit-il.

Le ministre souhaite pour l'instant qu'on regarde plutôt comment ont peut agir rapidement. «Les citoyens veulent des solutions rapides», fait-il valoir.

 

Une visite surprise

Un groupe de victimes de la pyrrhotite, membres de la Coalition Proprio-Béton, a fait une visite surprise, hier matin, à l'Association béton Québec qui prenait part à la quatrième édition du colloque annuel «Les journées béton», à Trois-Rivières, en collaboration avec TUBÉCON, l'Association des ingénieurs municipaux du Québec et le Bureau de normalisation du Québec.

La Coalition, qui se préparait à partir pour Québec afin de rencontrer le ministre du Travail, Sam Hamad, en après-midi, a profité de cette occasion en or pour se présenter, vers 9 h 30, au colloque qui se tenait au Castel des Prés.

Quatre des membres de la Coalition, dont le porte-parole, Yvon Boivin, se sont pointés dans la salle de réunion pour demander cinq minutes afin de sensibiliser les intervenants présents à leur cause.

Le petit groupe a été accueilli respectueusement par les participants et a pu exposer la problématique vécue par 350 familles de Trois-Rivières en montrant quelques photos aux participants.

Après ce bref exposé, le directeur technique de l'Association béton Québec, Luc Bédard, est sorti de la salle pour s'entretenir quelques instants avec les représentants de la Coalition.

Ce dernier a expliqué que «lors de la dernière représentation de la norme au niveau du comité CSA 23.1 (norme canadienne du béton), les gens du Québec étaient là et ont fait justement une demande d'amendement pour inclure ces spécifications à la norme» (concernant la pyrite et la pyrrhotite).

Interrogé à savoir pourquoi rien n'a été fait, il y a 10 ans, pour prévenir une telle catastrophe alors que la pyrrhotite faisait une trentaine de cas dans la région, M. Bédard a répondu: «Parce que les gens n'ont pas compris, au sens qu'il n'y a personne, je pense, au niveau de l'industrie, qui veut qu'une situation comme ça se reproduise, sauf que quand personne ne comprend, il y a des chances que ça se reproduise. Dans un premier temps», a-t-il ajouté, «on veut comprendre ce qui s'est passé et pourquoi ça s'est passé.»

M. Bédard explique que la carrière qui est à l'origine de tous les cas de pyrrhotite à Trois-Rivières actuellement «est située sur un gisement minier.» C'est la découverte qui a été faite lorsque le milieu a pu examiner, récemment, les dépôts géologiques avec des chercheurs universitaires.

L'Association béton Québec multiplie les rencontres, ces jours-ci, avec l'APCHQ, le Bureau de normalisation du Québec, le Regroupement des producteurs de granulats, la Régie du bâtiment et les chercheurs de l'Université Laval, non seulement pour y voir plus clair, mais aussi parce qu'on ne veut courir aucun risque lorsque viendra le temps de couler les nouvelles fondations. «Les maisons devront être réparées avec un béton qui sera conforme. Quand on regarde la distribution géologique des autres carrières de la région, la majorité des producteurs de béton de la région ont fait leurs essais et n'ont pas de soufre dans leurs granulats», explique l'ingénieur.

«Je peux vous assurer que la Mauricie est exempte, non pas de sulfure de fer, parce que c'est impossible, mais avec des ratios qui sont largement inférieurs à ce que la norme européenne prescrit», a-t-il assuré aux victimes.

D'un même élan, le directeur technique de l'ABQ reconnaît qu'on «n'a  pas suffisamment de données, à l'heure actuelle, pour légiférer, donc normer.»

Puisque personne ne semble comprendre les causes scientifiques des réactions dans les fondations des 350 maisons, le défi sera grand pour arriver à une solution sans failles lorsque viendra le temps de couler les nouvelles fondations l'été prochain.

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