Tsagatakis devra payer plus de 180 000 $ à une ex-conjointe

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Claude Savary
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un restaurateur de Trois-Rivières, Georges Tsagatakis, devra payer plus de 180 000 $ à une ex-conjointe pour des sévices et des agressions de toutes sortes qu'il lui a fait subir. Cette décision rendue par le juge Jocelyn Geoffroy de la cour supérieure avait été portée en appel mais le banc de trois juges a rejeté la requête et ordonne que le paiement se fasse d'ici 30 jours.

Georges Tsagatakis a été condamné à 40 mois de prison en janvier 2004 pour ces crimes. Le juge Claude Pinard avait alors dit de cet homme qu'il était un véritable sadique pour avoir traité sa compagne comme une véritable esclave.

L'ex-conjointe avait décidé par la suite de réclamer au civil une somme de 450 000 $ à titre de réparation pour les séquelles subies.

Les faits qui ont permis à la plaignante d'obtenir compensation se sont produits entre 1997 et 2003. Homme de stature imposante, Georges Tsagatakis est un ancien champion de kick-boxing du Québec. Selon le juge Geoffroy, celui-ci a commencé à frapper sa compagne un an et demi après le début de leur relation.

La victime était une de ses employés. Elle ne pouvait quitter son poste de travail sans risquer d'être frappée. Une fois, alors que la victime avait décidé de demeurer à la maison plutôt que de le suivre pour la fermeture du restaurant, Tsagatakis l'a frappée et lui a versé un 2 litres de Pepsi sur la tête. Il l'a ensuite forcée à passer la nuit dans le bain.

En une autre occasion, alors qu'il croyait qu'un jeune homme avait fait de l'oeil à sa conjointe, il l'a frappée à coups de poing sur la tête pendant qu'ils étaient en automobile. La jeune femme a perdu connaissance et a connu des problèmes de vision pendant plusieurs jours.

Tsagatakis utilisait toutes sortes d'objet pour battre sa compagne comme une ceinture ou une laisse pour chien. Alors que la victime était enceinte, il lui a donné un coup de pied dans le ventre.

Il l'a aussi menacé en lui mettant un couteau à viande sur la gorge sur les lieux de travail. Il arrivait régulièrement que cet individu la réveille à coup de claques derrière la tête pour qu'elle lui fasse une fellation.

Georges Tsagatakis a menacé la victime de mort à plusieurs reprises en lui disant qu'il la ferait tuer pour pas plus de 1000 $. Il lui disait qu'il l'enfermerait dans une cabane au fond d'un bois ou qu'il allait la noyer dans le spa. Il se moquait du corps de sa compagne et lui répétait qu'elle était chanceuse d'être avec un homme comme lui.

La rupture du couple est finalement intervenue à l'été 2003 mais Tsagatakis s'est introduit par effraction au nouveau domicile de son ex-compagne pour l'agresser physiquement et la violer. À l'époque des faits, l'individu possédait trois restaurants.

Pour sa défense, Georges Tsagatakis avait fait valoir que sa compagne n'avait pas peur de lui car elle le voyait comme un homme d'affaires grec séduisant. Selon lui, la jeune femme voulait se marier, avoir un père pour ses enfants et devenir «a good greek girl».

Pour cet homme, seule la vengeance a motivé son ancienne compagne à le poursuivre tant au civil qu'au criminel. Il avait dit au juge Geoffroy qu'il avait payé beaucoup d'argent pour que son ex-compagne subisse des chirurgies visant à améliorer son apparence.

Il a dit qu'il avait été trahi après qu'un détective privé qu'il avait embauché eut suivi la victime jusque dans un club de danseuses de la rue Sainte-Catherine à Montréal et l'eut aperçu se livrant à une danse érotique.

Deux psychiatres se sont penchés sur le dossier de cette femme et ont conclu à un syndrome de stress post-traumatique chronique. Me Maurice Biron qui a représenté les intérêts de la jeune femme dans cette affaire avait réclamé 450 000 $ à titre de dommages mais le juge Geoffroy a ramené la réclamation à 128 373,43.

Selon Me Biron, si on y ajoute les intérêts, la somme totale à verser par Tsagatakis s'établit à un peu plus de 180 000 $. La maison de ce dernier et un véhicule feront aussi l'objet d'une saisie.

 

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