De retour avec des souvenirs plein la tête

Voici quelques-uns des chauffeurs d'autobus de Bell-Horizon qui... (Photo: Sylvain Mayer)

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Voici quelques-uns des chauffeurs d'autobus de Bell-Horizon qui sont revenus hier de Vancouver où ils ont travaillé dans le cadre des Jeux olympiques: de gauche à droite, on voit Alain Prince, Michaël Bellemare (adjoint aux opérations les six derniers jours ), Maurice Cormier, Claude Langlois, Normand Carle, Richard Bellefeuille, Denis Deslauriers et Louis Marchildon.

Photo: Sylvain Mayer

Le Nouvelliste

Les chauffeurs d'autobus de la région qui ont travaillé à Vancouver dans le cadre des Jeux olympiques sont finalement revenus, hier, après un périple qui aura duré un mois jour pour jour.

Faute de médailles au cou comme les athlètes, ils avaient des étoiles dans les yeux et des souvenirs plein la tête. C'est le cas des chauffeurs de la compagnie Bell-Horizon, dont l'expérience en Colombie-Britannique a été unique et gratifiante.

«Je crois que là-bas, nous nous sommes vraiment démarqués par rapport aux autres chauffeurs d'autobus parce que nous étions toujours bien habillés, en veston et cravate et parce que nous étions très solidaires», a raconté Claude Langlois.

En effet, les 16 autocars et la trentaine de chauffeurs de Bell-Horizon ont non seulement été affectés au transport des spectateurs entre Vancouver et Whistler, le site de compétitions, mais ils ont également eu le privilège de faire la navette des invités VIP lors de cérémonies d'ouverture et de fermeture des Jeux.

C'est ainsi que Michaëlle Jean, Jean Charest, Arnold Schwarzenegger et même la princesse Caroline De Monaco ont pris place dans les autobus de Bell-Horizon.

«Je crois que les responsables là-bas ont bien aimé notre service autant que nos autobus. Nous avions pris la peine de les lettrer aux couleurs de Vancouver. Nos chauffeurs étaient également habillés avec classe comparativement à certains chauffeurs des autres provinces qui avaient des chapeaux de cow-boy sur la tête et des chemises à carreaux. En plus, ils parlaient français et pouvaient très bien se débrouiller en anglais», a précisé Nathalie Laforme, directrice générale de Bell-Horizon.

Il faut dire que l'entreprise de Cap-de-la-Madeleine avait déployé toute une logistique pour s'assurer du succès de l'opération. «Le contrat pour les Jeux olympiques a peut-être été le plus facile à obtenir, mais il a été le plus difficile et le plus stressant en terme d'organisation», a-t-elle précisé.

En effet, il a non seulement fallu embaucher des nouveaux employés mais aussi les former. «Plus de 350 personnes se sont présentées à notre séance d'information. Du nombre, 150 ont passé l'entrevue; nous avons retenu 15 candidats à qui nous avons donné une formation de 330 heures. Sur ces 15, 11 sont allés à Vancouver», a ajouté Mme Laforme.

Tous les chauffeurs ont même suivi une formation de 40 heures en anglais.

«Nous voulions que les chauffeurs et l'entreprise soient autonomes là-bas. Il y avait donc sur place un directeur pour gérer le quotidien, un mécanicien et même un autocar en surplus, au cas où il y aurait eu un bris majeur. Finalement, tout s'est bien déroulé: 4500 kilomètres et aucun problème mécanique», a-t-elle précisé avec fierté.

Les chauffeurs eux-mêmes ont confirmé hier que tout s'était bien déroulé. Pas de neige, pas de glace, pas de contretemps sur la route. Pour le trajet, les nouveaux étaient jumelés à des chauffeurs d'expérience. Ils se relayaient aux quatre heures. Le trajet entre Trois-Rivières et Vancouver nécessite d'ailleurs 56 heures de route.

Comme il y a une couchette dans les autocars, les chauffeurs pouvaient se reposer lorsque venait le tour de l'autre de passer derrière le volant. Toutefois, ils prenaient soin de s'arrêter et de profiter d'une pleine nuit de sommeil après 36 heures.

Une fois arrivés à destination, les chauffeurs ont été bien accueillis.

«Nous avons logé dans un bel hôtel avec piscine intérieure et les gens étaient très gentils avec nous. Le plus magnifique demeure cependant le paysage des Rocheuses, c'est à couper le souffle», a indiqué Louis Marchildon, qui en était à sa première expérience de chauffeur.

Quant au travail durant les Jeux olympiques, il comportait beaucoup d'attente.

«Nous conduisions environ deux heures par jour pour le transport des spectateurs alors que le reste du temps, nous attendions. Ce qui m'a le plus marqué, c'est la température: nous sommes partis les deux pieds dans la neige et nous sommes arrivés là-bas en petits souliers et en veston. Cette expérience est inoubliable», a précisé M. Langlois.

Aujourd'hui, les trois derniers autobus de Bell-Horizon devraient revenir à leur tour.

 

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