Disons tout de suite que la rencontre n'a pas duré très longtemps, le psychiatre voulant faire casser le sub poena qui lui ordonnait de produire les dossiers de tous ses patients qu'il a reçus à son cabinet privé depuis trois ans et pour lesquels il s'est fait payer par ceux-ci au tarif horaire de 300 $.
L'audition qui se tenait en privé s'est conclue lorsque le psychiatre a constaté qu'on n'entendait pas vraiment ses arguments.
«Ils m'ont fait perdre mon temps», a-t-il déclaré visiblement choqué de cette chasse aux sorcières qu'on pratique à son endroit. Le Dr Mailloux s'est même dit scandalisé par la façon de procéder de la RAMQ et a donc pris congé rapidement des enquêteurs. Une autre rencontre avait eu lieu il y a quelques semaines et avait donné des résultats semblables.
Pour Pierre Mailloux, la régie n'a pas à se mêler de son travail d'expertise qu'il pratique dans son cabinet installé au sous-sol de sa résidence de Trois-Rivières.
«Je traite 280 patients au centre hospitalier Comtois de Louiseville et tous les services sont facturés à la RAMQ», précise-t-il. Mais pour ce qui touche son cabinet privé, le psychiatre n'accepte pas du tout que la RAMQ vienne gérer ses affaires.
«Ce sont des expertises que je fais chez moi et pour lesquels je demande 300 $ de l'heure. Ce n'est pas une cachette», déclare-t-il.
Le coloré psychiatre soutient que la RAMQ ne fait pas la part des choses et met tout dans le même paquet.
«Je sauve beaucoup d'argent à l'État et à la population et on me traite comme un délinquant», fulmine-t-il. Le Dr Mailloux a expliqué que le tarif que lui verse la RAMQ pour les patients vus en milieu hospitalier est de 83 $ l'heure. Selon lui, quand il s'agit d'expertises privées, il ne peut facturer les personnes à ce prix-là.
«Ça fait 25 ans que je pratique et j'ai décidé qu'un tarif de 300 $ l'heure était pleinement justifié quand les gens viennent me voir chez moi, en cabinet privé.»
Le psychiatre réfute l'argument de la RAMQ selon qui les services qu'il offre en cabinet privé sont couverts par la régie. «Ce n'est pas la même chose et les gens qui me consultent le savent bien», explique-t-il avec conviction.
«Si je chargeais en plus ces expertises privées à la RAMQ, leur théorie aurait un certain sens mais ce n'est pas le cas. «Je ne leur (régie) charge aucune maudite cenne pour ces consultations privées», répète-t-il avec insistance en qualifiant de déraisonnable et d'excessive l'attitude la RAMQ.
Hier, le médecin en avait littéralement plein les bras. En lui réclamant la production de quelque 300 dossiers d'expertise et divers autres documents, les enquêteurs de la RAMQ lui ont créé un embarras certain pour le transport de toutes ces pièces.
«Vous le savez, je n'ai qu'une seule jambe mais je ne m'en plains jamais. Mais là, ils ont franchement exagéré», a-t-il souligné en déplorant une fois de plus le comportement cavalier de la RAMQ.
Pierre Mailloux se sent-il comme une bête traquée à la suite de ses démêlés avec le Collège des médecins et maintenant la RAMQ? «Je ne veux pas commenter, mais disons que ce n'est plus drôle du tout», dira-t-il en clamant n'avoir absolument rien à se reprocher.
«Qu'ils fouillent tant qu'ils voudront, ils vont finir par constater que je ne fais que gagner ma vie, sans léser personne.»
Il ne s'est trouvé personne à la RAMQ pour commenter ce dossier.










