Du coup, quand il a constaté à quel point il était difficile de se joindre au personnel médical des différentes organisations à l'oeuvre en Haïti, il a tout simplement décidé de réunir ses affaires et s'envoler par lui-même dans ce pays décimé.
Le spécialiste de la santé quittera donc le Québec le 24 mars prochain, et ce, pour deux semaines. Dans ses bagages, se trouveront des médicaments offerts par certaines compagnies pharmaceutiques et des sous, nécessaires aujourd'hui encore pour soutenir le peuple haïtien.
«J'ai contacté plusieurs ONG, mais c'était difficile. C'est compliqué de rentrer là-dedans. Alors je me suis lancé et je m'y suis pris seul. On n'est jamais mieux servi que par soi-même», explique au bout du fil Louis-Pierre Poulin.
Dans le but de donner à son tour un coup de main, le Trifluvien d'origine ira rejoindre le consulat belge, où il a certains contacts et où se trouvent près de 1000 réfugiés. De ce côté, tout manque.
«Là, il n'y a pas beaucoup d'aide humanitaire, parce que ce n'est pas un refuge officiel. Et il y a toute la question de la salubrité qui m'inquiète aussi, relate Louis-Pierre Poulin. Dans ce contexte-là, j'ai décidé de monter une clinique ambulatoire sur place.»
Un deuxième voyage
Il s'agira d'un second périple en Haïti pour celui qui poursuit ses études en médecine dans la métropole, à l'Université de Montréal.
Ce premier passage l'avait profondément marqué. Ce qui explique pourquoi l'envie de faire sa part l'a habité, au moment de la terrible catastrophe survenue le 12 janvier et qui a fait plus de 200 000 morts.
«En 2008, quand j'y suis allé, j'étais tout simplement tombé en amour avec ce pays-là, raconte-t-il. Le peuple, la culture, les gens: c'est exceptionnel. Tout le monde n'a rien mais ils sourient, ils dansent. On s'y sent comme chez nous.»
Cette fois, par contre, l'expérience sera fort différente. Louis-Pierre Poulin la voit comme une chance professionnelle et personnelle.
«Sur le plan de ma formation, c'est vraiment parfait. Mais sur le plan humain, ça vient me chercher encore plus. J'avais vraiment envie de redonner», confie-t-il.
Il réalisera donc ce projet aux côtés de la docteure Yanouchka Labrousse, qui a elle-même visité le pays plus tôt cette année. Des discussions ont déjà été entreprises auprès de certains partenaires et le financement se poursuit.
«Les frais de déplacement, c'est moi qui va les assumer, dit celui qui en en est aux derniers préparatifs de sa mission. Mais je veux trouver des fonds pour apporter des médicaments et de l'argent là-bas. Tout ira sur le terrain, c'est certain.»
Pour plus d'informations sur le voyage de Louis-Pierre Poulin ou pour le soutenir: louis-pierre.poulin@usherbrooke.ca.









