Mme Saint-Amand était prise à partie directement hier matin, par le président de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Jean Poliquin, dans une lettre d'opinion publiée dans Le Nouvelliste et intitulée «À quand la phase II?»
«J'y crois, moi, à ce projet-là, insiste la députée qui répète que le gouvernement a changé les règles au niveau des politiques et des programmes, ce qui a résulté en un resserrement des règles.
«Dans le cas qui nous intéresse, comme il s'agit d'un projet qui a été bonifié et qui dépasse 40 millions $, on doit donc suivre la procédure des grands projets, explique-t-elle, reprenant les arguments fournis en janvier dernier. On est toujours dans ce processus-là et moi, j'attends une réponse imminente. J'en ai encore parlé avec le ministre hier, j'en ai parlé avec mes collègues et avec le cabinet ce matin. Pour moi, ce projet est en fin d'analyse financière et on espère vraiment une annonce dans un délai assez proche.»
Mme Saint-Amand ajoute qu'elle suit ce dossier, autant du côté de l'agence de santé et du CHRTR que du cabinet du ministre de la Santé.
«Il y a eu des discussions, les gens ont révisé le projet ensemble avec les gens du ministère. Tout le monde se parle, assure-t-elle énergiquement. Bien évidemment, on veut s'assurer qu'on a fait une bonne évaluation financière du projet et une bonne évaluation des besoins.»
La députée assure comprendre l'impatience qui s'installe dans le milieu trifluvien et avoue sentir par conséquent une certaine pression sur ses épaules.
«Je respecte la position de la Chambre de commerce qui vient évidemment intensifier la pression que j'ai déjà. Quand je me promène dans la ville et parmi les organismes, de quoi pensez-vous qu'on me parle? De la phase II du CHRTR. Tout le monde l'attend en Mauricie et moi je suis la représentante du gouvernement. Je répète que je suis confiante. Je multiplie mes interventions auprès de mon collègue ministre de la Santé mais aussi auprès d'autres collègues qui auront à intervenir. Je crois que tout le monde a compris l'urgence dans ce dossier mais il y a une procédure à suivre et c'est dans ça qu'on est actuellement. Mais il y a une grande réceptivité.»
Du côté du cabinet du ministre de la Santé, on tient le même discours. Karine Savard, aux communications, répète elle aussi que des ajustements ont dû être faits au projet de la phase II après la mise en place du campus universitaire.
«C'est un projet qui répond plus aux besoins cliniques et on est à l'étape de l'analyse des coûts par le ministère dans un contexte de gestion rigoureuse. C'est important de dire que le ministre et les gens du milieu travaillent pour améliorer l'accessibilité aux soins. (...) On espère être en mesure de faire une annonce dans les prochaines semaines» assure-t-elle.
Huit ans, c'est assez
La chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières a annoncé qu'elle suivrait quatre importants projets pour la Mauricie cette année, dont la phase II des travaux du CHRTR, et elle entend les suivre de très près. Beaucoup plus près que ce qu'elle a fait par le passé. Et dans le cas de la phase II du CHRTR, son président estime que 8 ans d'attente, c'est assez.
D'où la lettre ouverte dans Le Nouvelliste d'hier, signée par Jean Poliquin, rappelant à la députée de Trois-Rivières, Danielle Saint-Amand, que la région attend toujours la phase II du CHRTR.
«Avec nos comités, on suit nos dossiers de façon régulière (phase II du CHRTR, train haute vitesse, l'hydrogène, modernisation du port de Trois-Rivières). À l'automne, on a rencontré la députée et on lui a rappelé ce qu'avait dit le premier ministre. Elle nous a répondu, oui, oui, ça s'en vient.»
M. Poliquin assure que sa lettre intitulée À quand la phase II? n'est pas une charge contre la députée. «Ce n'est pas elle qui va prendre la pelle et dire: on fait ça à matin, ici. Ça ne marche pas comme ça. Il faut respecter la hiérarchie. C'est notre porte-parole et elle est très collaboratrice. Mais elle est toute seule. Ça va mal.»
M. Poliquin ne peut s'empêcher de faire un lien avec ce qui s'est passé la semaine dernière (le décès d'un patient en attente d'une opération). «Heureusement, ce n'était pas chez nous. Mais nous, on manque de lits. Le docteur Lamirande le dit toutes les semaines dans le journal. La phase II va servir à ça et elle est promise depuis 2002. La chambre ne s'est jamais beaucoup mêlée de ce projet, mais 8 ans, c'est assez.»
Lorsqu'on demande au président de la chambre pourquoi il intervient maintenant, il répond que c'est parce que rien n'a bougé depuis l'automne dernier.
«Moi, il y a cinq mots que je trouve importants: fais ce que tu dis. La chambre ne fait pas ça pour elle-même mais pour la population de Trois-Rivières. C'est assez! On veut savoir quand ça va se faire cette affaire-là. On nous l'a promise»?









