Les événements reprochés au policier remontent au 28 juin dernier. Lui et un collègue devaient avoir à l'oeil une personne souffrant de troubles mentaux qui venait d'allumer intentionnellement un incendie dans son logement. La personne en question avait été transportée au CHRTR pour y être évaluée psychologiquement.
Selon un porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, le policier aurait laissé sans surveillance adéquate cette personne en crise. «Il y a eu une attitude de négligence de la part de ce policier et aux yeux de la Ville, il s'agit d'un manque flagrant de professionnalisme», explique Yvan Toutant.
Selon ce qu'il a été permis d'apprendre, le policier attendait dans le corridor de l'hôpital et aurait décidé de prendre un peu de repos. Il aurait d'abord retiré ses chaussures avant de poser ses pieds sur une autre chaise et de grignoter des croustilles. Certaines sources font même état du fait que le policier en question se serait installé sur une civière qui se trouvait à proximité. Le tout en portant toujours son uniforme de la sécurité publique.
Les images du policier se prélassant alors qu'il était en fonction auraient en fait été captées par une caméra de surveillance de l'hôpital.
«Il a dormi sur une chaise alors qu'il devait accompagner une personne en détresse. Il n'a clairement pas respecté son assignation. En plus, c'est quelqu'un qui portait une arme sur lui. Ce n'est pas très rassurant», explique pour sa part le directeur général de la Ville de Trois-Rivières, Michel Byette. Celui-ci explique qu'une enquête interne a été menée par le directeur de la sécurité publique et que c'est à la suite de cette procédure administrative qu'on a décidé de suspendre le policier en question.
«Évidemment, ce n'est pas très bon pour l'image de notre service de sécurité publique. Ça ne devait pas être rassurant pour les citoyens qui passaient par là et qui voyaient un policier dans de telles circonstances», ajoute Yvan Toutant.
Le directeur général de la Ville explique pour sa part que le fait de procéder à une suspension sans solde de vingt-cinq jours envoie un message clair comme quoi la Ville a à coeur l'image projetée par ses employés. «Il a agi ainsi au vu et au su de tout le monde, dans un corridor d'hôpital. C'est un événement malheureux, mais on ne pouvait pas le laisser passer», indique M. Byette.
Même son de cloche du côté du maire Yves Lévesque, qui mentionne qu'il y a des limites à la tolérance de l'employeur. «Il y a quand même une image à respecter. C'est une question de crédibilité. On veut non seulement envoyer un message à l'individu en question, mais aussi à la population et aux confrères de travail du policier en question. On ne veut pas faire preuve de laxisme dans des cas comme celui-là», remarque-t-il.
Autre sanction
Le policier en question a pour sa part hérité d'une autre suspension, hier, pour un tout autre événement. Le 12 juin dernier, il a pris une pause non autorisée, a omis de répondre avec célérité à un appel qui lui était transmis, a manqué de respect à l'endroit d'un officier, a utilisé du matériel non autorisé et n'a pas respecté différentes directives de travail. Ces fautes entraînent une suspension de cinq jours, ce qui porte à trente le total de journées de suspension que devra purger le policier.
La suspension deviendra effective au moment où elle sera dûment signifiée à l'employé.
Il a été impossible de joindre un représentant du syndicat des policiers de la Ville de Trois-Rivières, hier pour voir s'il y aura une réaction quelconque à la suite de ces mesures disciplinaires.










