Rappelons brièvement le contexte. Les Serres Savoura de Saint-Étienne-des-Grès étaient prêtes dès septembre 2007 à recevoir les biogaz produits par le lieu d'enfouissement technique de la Régie. Toutefois, de septembre 2007 jusqu'en août 2008, la Régie n'a pas été en mesure de lui en fournir du tout.
Comme le prévoyait l'entente entre les deux parties, la Régie s'est alors mise à verser des compensations financières pour permettre à Savoura d'acheter le gaz naturel de Gaz Metro, qui est trois fois plus cher que son biogaz, en attendant qu'elle complète ses travaux. Total de ces compensations, 1,3 million $.
Vers la fin d'août 2008, toutefois, la Régie a commencé à envoyer son biogaz à Savoura, mais avec d'évidents ratés, dont deux explosions dans les chaudières.
«On envoyait du gaz, la livraison nous semblait correcte, mais les serres ne consommaient pas de gaz», a raconté M. Comeau. Savoura prétend que le gaz n'était pas assez pur tandis que la Régie maintient que les équipements de Savoura n'étaient pas adéquats pour pouvoir l'utiliser.
Malgré les ratés, la Régie décide que sa part du contrat est faite. Elle cesse donc les compensations financières.
Me Paradis a tenté sa savoir, hier, qui avait décidé d'arrêter de payer les compensations financières à ce moment-là puisqu'aucune résolution n'avait été prise à cet effet par la Régie.
À cette question, Robert Comeau a dit ne pas s'en rappeler. Cet événement, a fait ressortir Me Paradis, correspond au départ de l'ancien président de la Régie, Pierre-A. Dupont et à l'arrivée du président actuel, Pierre Bouchard. Robert Comeau se souvient d'ailleurs d'en avoir discuté avec le nouveau président. La décision, dit-il, s'est prise entre le 30 septembre et le 2 octobre.
Robert Comeau explique qu'il souhaitait d'ailleurs avoir une lettre des experts de la firme d'ingénierie André Simard et associés pour confirmer que les systèmes de la Régie étaient bel et bien prêts à livrer du biogaz. M. Comeau affirme que cette demande avait été placée vers le 30 septembre, en même temps que la livraison du biogaz.
Toutefois, à partir de témoignages recueillis hors cour, Me Paradis a fait ressortir que la lettre en question n'a été demandée qu'en novembre, soit un mois plus tard.
«Quand j'ai su que l'installation était complète, j'ai demandé la lettre. Est-ce que ça a pris un mois à se rendre? Je ne sais pas», a plaidé Robert Comeau après avoir laissé entendre que tout le monde ne semblait pas avoir le même souvenir dans cette affaire.
«Ce délais, c'est un hasard?», a alors questionné d'un ton sec le juge Édouard Martin qui a interrompu le contre-interrogatoire de Me Paradis pour commenter ce qui lui a semblé être un point tournant du procès.
Le juge Martin a alors expliqué que Me Paradis tentait d'attaquer la crédibilité du témoin afin de démontrer qu'il ne dit pas toute la vérité. Le juge a aussi signalé que Robert Comeau, «un homme bardé de diplômes», n'était pas un témoin ordinaire. «Je sais qu'il choisit ses mots. Je le connais», a-t-il dit. «J'avais l'impression qu'il ne disait pas toute la vérité. C'est pour ça que j'ai employé un ton sec», a-t-il ensuite expliqué.
Là-dessus, Me Paradis a voulu ébranler davantage la crédibilité du témoin en rappelant qu'il avait été démis de ses fonctions de directeur général de la Régie parce que le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, réclamait sa tête à cause du dossier Savoura.









