Heureusement, la victime de cette agression, Mario Gauthier, n'a pas été blessée gravement. Les coups de bâton que le jeune lui a assenés à la tête ont tout de même nécessité trois points de suture. M. Gauthier a également été en mesure de reprendre ses activités régulières dans les heures ayant suivi l'agression.
«J'ai parlé aux jeunes et je n'aurais pas dû. Je sortais de ma cour avec mon camion et le jeune a lâché un cri quand je suis passé. J'ai alors reculé et je lui ai demandé ce qu'il m'avait dit. Il m'a alors dit d'arrêter de le regarder et de m'en aller. Je lui ai donc demandé de se calmer les nerfs. Il a alors sorti son bâton et il s'est mis à frapper sur le camion. Je lui ai dit d'arrêter et il a recommencé. Je suis alors sorti et j'ai mangé quelques coups sur la tête. Un autre jeune était un peu en retrait mais il avait un poing américain dans les mains. Alors que je tenais l'autre, il est venu dans mon dos. Je l'ai lâché et j'ai demandé à une voisine d'appeler la police. Je ne me suis pas laissé faire, mais ça aurait pu dégénérer», a-t-il raconté hier après-midi.
Comme plusieurs de ses voisins (voir autre texte), M. Gauthier déplore que les jeunes envahissent régulièrement la rue ainsi que les terrains des résidences. Il ajoute que ces derniers agissent en rois et maîtres et que leur comportement intimide plusieurs personnes.
«Ils viennent entre les maisons et dans les cours. Ils vont même s'asseoir sur les patios pour manger. Ils ne se gênent pas. Quand on leur demande ce qu'ils font là, ils nous répondent simplement qu'ils fument du «pot». On leur dit de s'en aller et ils ne réagissent pas», a-t-il laissé tomber, exaspéré.
L'agresseur, un jeune homme de 16 ans, a été arrêté peu de temps après l'agression à l'intérieur du centre le Point-Tournant. Pour ce qui est de l'autre jeune qui était sur les lieux, les policiers n'ont pas encore procédé à son arrestation. Ils pourraient cependant le faire si l'enquête vient qu'à leur permettre de conclure qu'il a également été impliqué dans l'agression.
Résidents exaspérés
Les résidents du quartier du secteur Cap-de-la-Madeleine où Mario Gauthier a été agressé hier avant-midi en ont assez de voir les jeunes qui fréquentent le centre Point-Tournant, un centre de formation pour adultes, flâner et consommer de la drogue.
Interrogés lorsque Le Nouvelliste s'est rendu sur place au cours de la journée d'hier, plusieurs résidents de la rue Saint-Henri ne se sont pas gênés pour déplorer que certains jeunes qui fréquentent le centre de formation leur font la vie dure. Habités par la peur de subir des représailles, certains d'entre-eux tenaient cependant à garder l'anonymat.
Vivant pratiquement en face du lieu où l'agression est survenue, Manon Bouchard a quant à elle accepté de témoigner à visage découvert.
«Ils ne sont pas reposant. Ils ont le monopole dans la rue. Ils ne bougent même pas lorsque nous circulons avec nos voitures. Je suis même arrivée une fois et ils étaient neuf dans mon abri de toile en train de fumer de la drogue. La voisine d'en face m'a dit qu'ils font les singes lorsqu'ils sont dans mon abri. Ils se pendent après les poteaux», a mentionné Mme Bouchard.
Même son de cloche du côté de Jean-François Grenier, qui vit dans le secteur avec sa conjointe depuis plusieurs années.
«C'est vraiment une problématique. On a discuté entre voisins après l'agression et on envisage de se mettre ensemble pour aller voir la Commission scolaire. En attendant, je vais déplacer le tracteur que j'ai dans ma cour afin de ne pas leur donner des idées. Il y en a d'ailleurs deux qui sont passés dans la rue tantôt et ils ont pointé ma maison», a affirmé Grenier.
Le conseiller municipal du district de la Madeleine, René Goyette, a rapidement contacté la direction de la Sécurité publique de Trois-Rivières après qu'il ait été mis au courant des événements ainsi que du fait qu'une problématique perdurait dans ce secteur. Il a d'ailleurs obtenu la confirmation que les policiers allaient être plus présents dans ce quartier jusqu'à nouvel ordre.
«Je ne veux pas que ça dégénère. Je veux rassurer les gens. C'est un seul événement, mais je ne veux pas que ça se reproduise», a-t-il assuré.
Il n'a pas été possible d'avoir les commentaires de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy sur ce dossier. Une représentante a cependant indiqué que la Commission allait probablement être en mesure de faire le point aujourd'hui.










