Cette étole décorée de sigles du Canadien d'un côté et d'une patinoire de l'autre, le curé l'a portée lors de la messe de dimanche dernier à la cathédrale. À la surprise de plusieurs paroissiens ainsi exposés à son intérêt marqué pour le hockey.
«Avant d'être prêtre, j'ai été professeur pendant 12 ans à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Durant cette période, j'ai été président de la Ligue mauricienne de hockey senior, à Saint-Tite. J'ai déjà joué au hockey plus jeune, j'ai aussi été arbitre», énumère le natif de Saint-Luc-de-Vincennes.
«J'ai toujours eu beaucoup d'intérêt pour le hockey et pour les sports en général. Quand j'ai laissé l'enseignement pour devenir prêtre, j'ai toujours gardé un oeil sur le Canadien et les Nordiques, à l'époque», poursuit celui qui assiste à des parties au Centre Bell à l'occasion («Je n'ai pas mes billets de saison») et qui regarde régulièrement des joutes à la télé.
«J'en parle même avec l'évêque!» note-t-il en évoquant monseigneur Martin Veillette, qui aurait «souri» en voyant l'étole du curé de la cathédrale. Pour celui-ci il est important, comme homme d'Église, de ne pas vivre dans une bulle isolée de la «vraie vie», celle du quotidien de ses ouailles.
C'est lors d'un souper entre amis qu'une dame, Josée Bastarache, a pris note de l'intérêt du curé pour le Canadien. L'abbé Gravel avait offert une tuque du tricolore en cadeau au fils de son hôtesse, qui collectionnait divers objets à l'effigie de l'équipe montréalaise. L'abbé Gravel est lui-même coiffé d'une tuque du Canadien, l'hiver...
Josée Bastarache a imaginé la confection de l'étole du Canadien en apercevant celle ornée du sigle des Chevaliers de Colomb que l'abbé Gravel a portée. La dame a créé la parure en flanelle. «Je me suis dit que si les Canadiens me voyaient avec mon étole, ils me nommeraient aumônier de la sainte flanelle!» rigole le curé.
«Les gens ont été un peu surpris. Ils commencent à découvrir leur nouveau curé! Ils ont été un peu étonnés, ils souriaient», témoigne le prêtre en décrivant la réaction des paroissiens à la vue de son étole.
«Le Canadien fait partie de nos vies. Ça rapproche les gens. On parle des mêmes choses. Il faut faire le trait d'union avec les gens et avec les jeunes, aussi! Les jeunes savent c'est quoi, le Canadien!» ajoute celui qui a pris la responsabilité de la paroisse Immaculée-Conception en juillet dernier après avoir oeuvré entre autres à Jean-XXIII.
Le fan des Canadiens est confiant de l'issue du match de ce soir, qui déterminera si l'équipe québécoise accédera à la prochaine ronde éliminatoire.
«Le bon Dieu est de notre bord!» lance le curé, avant d'analyser plus «sportivement»: «Je crois qu'on a ébranlé passablement les Capitals lors du match de lundi. On en a gagné trois, on est capable d'en gagner un quatrième. Je pense que l'entraîneur Boudreau a été décontenancé devant le Canadien qui réagit bien, qui joue le jeu!»










