C'est le premier ministre Jean Charest lui-même qui a confirmé la nouvelle, hier, en présence du ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Yves Bolduc, de la ministre Julie Boulet, des députés Danielle Saint-Amand et Jean-Paul Diamond.
«L'engagement du gouvernement d'améliorer la qualité, l'accessibilité et la continuité des soins en Mauricie se manifeste une fois de plus avec l'annonce de ce projet d'agrandissement et de rénovation qui permettra de doter le pavillon Sainte-Marie d'installations plus fonctionnelles», a déclaré le premier ministre.
Rappelons que la phase II ne date pas d'hier: en 2001-2002, le projet a été abordé pour la première fois dans la foulée de la fusion des hôpitaux Sainte-Marie et Saint-Joseph. Comme on savait que l'argent manquerait pour compléter le redéploiement complet des services du CHRTR, on a entrepris une première phase de travaux, qui s'est traduite par l'ouverture du centre de cancérologie, deux déménagements majeurs et la construction de l'aile J.
Le projet de phase II a donc été mis sur la glace. La direction du CHRTR a même accepté en cours de route de le retarder pour aller de l'avant avec un autre projet jugé plus pressant soit celui de la Faculté de médecine et de la construction du pavillon d'enseignement. La phase II qui, au départ, devait coûter 25 millions $, a finalement fait l'objet d'un dépôt final et révisé en 2008, cette fois-ci à un coût total de 40 millions $.
Deux années ont passé et le projet nécessitera désormais un investissement de 47,6 millions $. Il se retrouve par conséquent dans la catégorie des grands projets d'Infrastructure Québec, qui en assurera le suivi. Dans ce contexte, le dossier d'affaires initial sera préparé au cours des prochains mois par l'établissement, de concert avec Infrastructure Québec. Selon le ministre Bolduc, les travaux devraient donc commencer en 2012 et se terminer à la fin de 2015. La patience est donc encore de mise dans ce dossier.
Concrètement, la phase II se traduira par un agrandissement de 11 700 mètres carrés sur cinq étages qui accueillera quatre unités de soins de 30 lits qui serviront entre autres à la formation en médecine. L'agrandissement accueillera également des locaux dédiés aux activités administratives et aux consultations externes.
Grâce à l'ajout de 50 lits, la phase II portera la capacité d'hospitalisation du CHRTR à 478 lits. À ce sujet, le ministre Bolduc a indiqué que cela «devrait réduire la pression sur l'urgence, tout en permettant davantage d'hospitalisations pour des services spécialisés et pour des interventions chirurgicales», a-t-il mentionné.
On rénovera par ailleurs des locaux existants d'une superficie d'environ 3600 mètres carrés, ce qui permettra de moderniser des unités et services plus vétustes, notamment la cardiologie, la santé mentale (hospitalisation brève), l'urologie, la pneumologie et le génie biomédical. Quant au pavillon Saint-Joseph, il maintiendra sa vocation psychiatrique.
Non seulement la phase II devrait améliorer grandement l'accès et la qualité des services à la population, mais il aura une incidence considérable sur la rétention et le recrutement des médecins, du personnel infirmier et des technologues.
«C'est un facteur de motivation supplémentaire, à la fois sous l'angle de la satisfaction professionnelle et aussi pour le recrutement, puisqu'on sait qu'un hôpital moderne, aménagé de façon fonctionnelle et bien équipé arrive plus facilement à attirer et à conserver ses professionnels», a conclu la députée de Trois-Rivières, Danielle Saint-Amand.
Fierté et espoir
Lorsqu'elle a pris la parole à la conférence de presse annonçant la concrétisation tant attendue de la phase II du CHRTR, la députée de Trois-Rivières, Danielle Saint-Amand, avait peine à cacher son enthousiasme.
«Il n'y a pas de mot assez fort pour exprimer ma fierté et mon bonheur d'être ici. La phase II, nous avons commencé à en parler lorsque j'étais à la Fondation du CHRTR en 2000. Aujourd'hui, mes fonctions de députée de Trois-Rivières me permettent de boucler la boucle. Combien de fois m'a-t-on demandé à quel moment ce projet allait enfin aboutir. Eh bien, Dr Lamirande (n.d.l.r.: Yves Lamirande est le directeur des services professionnels du CHRTR), il va falloir se trouver un autre sujet de discussion», a-t-elle lancé.
Il y avait en effet beaucoup de fierté dans l'air hier matin au pavillon d'enseignement médical du CHRTR. Plus de 150 personnes avaient d'ailleurs pris soin de se déplacer pour assister à cette annonce historique, considérée comme la plus importante pour le réseau de la santé dans la région.
«L'annonce du premier ministre couronne aujourd'hui plus de 10 ans de travail pour la mise en place d'un centre hospitalier régional complet, offrant des soins spécialisés de pointe et doté d'une vocation universitaire. Grâce à la phase II, nous aurons des installations à la hauteur de nos défis et du but que nous nous sommes donnés lors de la fusion des hôpitaux trifluviens, soit d'offrir à la population le meilleur de la médecine ici même en région», a mentionné Christiane Bonfanti, présidente du conseil d'administration du CHRTR.
La directrice générale du CHRTR, Lucie Letendre, a quant à elle expliqué que plus de lits, plus d'espace et des aménagements fonctionnels offrant des conditions de pratique plus stimulantes pour les intervenants permettraient de mieux servir la population. «Même s'il faut du temps pour finaliser la construction, cette annonce représente un second souffle pour notre équipe», a-t-elle lancé.
Pour sa part, la ministre responsable de la région de la Mauricie, Julie Boulet, a pris soin de rappeler que depuis l'élection du premier ministre Charest en 2003, le portrait de la région avait grandement changé en santé.
«On vivait alors une période précaire et fragile en santé mais il s'est engagé à nous aider et aujourd'hui on peut dire mission accomplie», a-t-elle indiqué, en évoquant la création de la Faculté de médecine, des deux unités de médecine familiale, des rénovations majeures aux Résidences Avellin-Dalcourt et Cooke et la construction du centre ambulatoire à Shawinigan.
Elle s'est dite fière aussi de la compétence démontrée par les différentes équipes du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières. «D'ailleurs, 33 spécialités médicales sont représentées ici, dont plusieurs secteurs de pointe. D'autre part, la fonction de formation de la relève y est de plus en plus développée, que ce soit pour les études de doctorat et les résidences en médecine, ou encore pour les stages offerts à des étudiants du cégep ou de l'université dans d'autres disciplines.»











