Les agents de protection de la faune ont d'ailleurs fait près de cinq fois moins d'intervention en Mauricie ce printemps qu'à pareille date l'année passée. Les orignaux semblent davantage poser problème dans certaines régions du Québec.
Entre le début du mois d'avril et la fin du mois de juin, les agents de protection de la faune du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) du Québec ont réalisé cette année en Mauricie seulement six interventions sur des ours noirs.
De ce nombre, deux ours ont été abattus et trois bêtes ont été capturées pour être ensuite relocalisées. Nous sommes bien loin du bilan de 2009 qui s'élevait à 27 interventions, dont six abattages, ainsi que cinq captures.
En 2008, la situation était aussi préoccupante. Un nombre de 18 interventions en Mauricie avait été enregistré. Un ours noir avait alors été abattu et six avaient été capturés.
Le porte-parole du MRNF, Éric Santerre, explique cette diminution des interventions par une meilleure situation de l'alimentation en forêt.
«Tous nos agents en forêt nous disent que la nourriture est abondante pour les ours noirs cette année. Nous n'avons pas eu de tempête ou de gel pour endommager les fleurs des fruits. Les ours ont un garde-manger bien rempli et qui promet d'être luxuriant cet été», explique-t-il.
Afin de contribuer à régler le problème d'ours importun, la Municipalité de La Tuque a instauré depuis quelques semaines la collecte hebdomadaire de matières résiduelles.
Par ailleurs, nous sommes toujours sans nouvelles des analyses en laboratoire du contenu du système digestif de l'ours noir capturé en septembre dernier et tenu responsable de la mort de la Montréalaise de 46 ans, Alexandrina Gavriloaia-Bunduc, alors qu'elle accompagnait son conjoint, un travailleur forestier, dans la ZEC de Wessonneau.
«Le rapport du coroner n'est toujours pas produit. Cela peut être long avant qu'il soit publié», précise M. Santerre.
Toutefois, le coroner chargé de l'enquête, Luc Malouin, a déjà souligné dans ces pages que l'animal aurait mordu Mme Gavriloaia-Bunduc au cou alors qu'elle était assise bien tranquillement.
«Selon l'autopsie, la victime a été mordue par derrière. Elle faisait dos à l'animal. Elle ne l'a jamais vu s'approcher d'elle», explique le coroner Luc Malouin.
Orignaux vs moustiques
Toutes les régions du Québec ne sont pas égales devant les insectes piqueurs. Alors qu'ils semblent avoir déserté la Mauricie cet été, des régions comme l'Estrie sont aux prises avec d'importantes populations.
«Cela rend les orignaux presque fous. Ils se font piquer tout le temps. Il n'est pas rare de voir des orignaux courir et quitter la forêt dense afin de fuir les essaims piqueurs», souligne M. Santerre.
Exaspéré par les moustiques, l'animal se réfugie dans des clairières où le vent diminue la présence de moustiques. C'est ainsi que plusieurs d'entre eux se retrouvent sur les routes.
«Il y a eu d'ailleurs quelques collisions entre des cervidés et des automobiles cette semaine principalement en Estrie où les moustiques sont très abondants cet été», conclut Éric Santerre.










