Alain Piché toujours un danger pour la société

L'ex-comptable trifluvien Alain Piché ne pourra espérer une... (Photo: François Gervais)

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L'ex-comptable trifluvien Alain Piché ne pourra espérer une sortie à court terme de son internement à l'institut Philippe-Pinel de Montréal.

Photo: François Gervais

Claude Savary
Le Nouvelliste

(Montréal) L'ex-comptable trifluvien Alain Piché ne pourra espérer une sortie à court terme de son internement à l'institut Philippe-Pinel de Montréal du fait qu'il représente toujours un danger pour la société.

«La dangerosité de M. Piché doit donc être considérée à ce jour comme importante», conclut le Dr Frédéric Millaud, son psychiatre traitant, dans un rapport transmis hier aux membres de la Commission d'examen des troubles mentaux (CETM) chargés d'évaluer le dossier.

Cette évaluation, réalisée à tous les ans, vise à vérifier entre autres l'état mental du patient, son évolution, sa collaboration aux traitements.

Hier, le Dr Millaud a convaincu les commissaires de maintenir une garde stricte pour un an. Alain Piché ne pourra donc pas bénéficier de sorties supervisées au cours des douze prochains mois. Alain Piché s'est dit d'accord avec cette décision.

On se rappellera qu'en mars 2007, Alain Piché a tué ses parents et leur a coupé la tête avant de les cacher dans le congélateur familial.

Dans le rapport du Dr Millaud, on y note que Piché se disait convaincu d'avoir agi en légitime défense. Dans les faits, il avait frappé les victimes à coups de hache à la tête dans un intervalle de deux jours.

En juillet 2008, le tribunal l'a acquitté pour raison de troubles mentaux. Il fut par la suite hospitalisé au pavillon Sainte-Thérèse du Centre hospitalier de Shawinigan.

Vivant très mal son enfermement à long terme avec des patients qui étaient là pour des courts séjours, il a décidé un jour de mettre le feu dans une salle de bain. Il voulait sortir de cette institution. Reconnu coupable, il a finalement vu son désir exaucé puisqu'il a été conduit à l'institut Pinel.

Pendant de nombreux mois, Alain Piché a refusé de collaborer avec les intervenants de telle sorte que son état n'a guère évolué.

Selon le Dr Millaud, la situation a perduré jusqu'au 30 avril 2010. Ce jour-là, Alain Piché a refusé de s'alimenter et de prendre ses médicaments. Il s'est replié en position foetale sur son lit et a repoussé tout échange verbal et visuel.

«Il présentait une décompression psychotique aigue», a précisé le psychiatre aux commissaires. Une intervention pharmacologique d'urgence a été pratiquée avec du Clopixol Acuphase.

Deux jours plus tard, Alain Piché avait changé de façon significative au point de s'ouvrir à son médecin pour lui dire qu'il vivait un ras-le-bol, une détresse profonde. Il se disait découragé à l'idée qu'il pourrait passer le reste de ses jours en institution.

Et pour la première fois depuis son internement, il acceptait qu'on change sa médication notamment en le sevrant du Rivotril et en diminuant le Seroquel pour lui administrer plutôt du Zyprexa.

Selon le Dr Millaud, cela a contribué à une amorce de changement dans sa relation avec les intervenants.

Pour le médecin, il reste beaucoup de travail à faire pour améliorer sensiblement la condition d'Alain Piché.

Invité par une commissaire à dire s'il acceptait le fait qu'il avait une maladie mentale, celui-ci a répondu dans l'affirmative mais à une autre question, il a soutenu qu'il souffrait surtout du rejet des autres.

Autant Alain Piché était volubile lors de ses passages devant les tribunaux, autant hier il avait une attitude réservée, timorée.

Me Jean-François Bouvette, le procureur aux poursuites criminelles et pénales chargé du dossier, s'est dit satisfait de la décision de la CETM.

«Le rapport du Dr Millaud est très clair», a-t-il déclaré en ajoutant que la sécurité du public est encore menacée. Les conclusions du psychiatre lui donnent raison d'avoir porté en appel une décision prise par un psychiatre du pavillon Sainte-Thérèse il y a plus d'un an à l'effet de remettre graduellement Alain Piché en liberté. «Le danger était présent à cette époque et il l'est encore aujourd'hui», a mentionné Me Bouvette.

Aucun membre de la famille élargie de Piché n'était présent pour cette audition de la CETM.


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