«On souhaite leur donner un avertissement, qu'ils comprennent qu'ils ne pourront pas nous ignorer pour toujours», explique le président du syndicat, le chauffeur et livreur Dany Mortier.
Le 21 juillet, les travailleurs réunis en assemblée générale ont refusé à majorité une offre globale et finale de la part de l'employeur Compass. Ils ont ensuite fait une contre-offre à la partie patronale, restée sans réponse. D'où le moyen de pression.
Depuis le 30 avril dernier, la convention collective de travail est échue entre la multinationale Compass et la quinzaine d'employés du Cégep de Trois-Rivières. Les deux parties auraient participé à sept rencontres de négociations, sans grandes avancées.
«On espère être entendus par les patrons, mais pour l'instant, aucune réunion n'est encore prévue», expose Dany Mortier.
Du côté du syndicat, le président dit vouloir «sauver la convention collective pendant que l'employeur veut la détruire».
La CSN affirme que le salaire minimum garanti par la loi dépasse aujourd'hui l'échelle salariale prévue par le contrat de travail. Toutefois, peu de points demeurent en litige, la sécurité d'emploi étant devenue une priorité.
La première convention collective des employés avait été signée il y a trois ans, à la suite d'une grève d'un mois et demi.
On compte actuellement environ 200 étudiants anglophones à l'école de français du Cégep de Trois-Rivières. Arrivés il y a cinq semaines, ils repartent pour la plupart demain.
La grève d'hier ne les aura pas trop affectés, un déjeuner au restaurant étant prévu à l'horaire depuis le début de l'été et les deux autres repas de la journée ayant été servis par trois cadres.
Contactés hier après-midi, le Cégep de Trois-Rivières, l'Association générale des étudiants et le groupe Compass Canada étaient dans l'impossibilité de répondre à nos questions.
La britannique Compass opère ses services alimentaires dans plusieurs pays et affiche des revenus annuels d'environ 27 milliards de dollars.
Même s'ils veulent s'affirmer de façon progressive, les travailleurs des cuisines ne renoncent pas pour autant à un durcissement de leurs moyens de pression à l'automne, pour la rentrée des étudiants.
«Tout est envisageable, même la grève générale illimitée. Si c'est le seul moyen d'arriver à nos objectifs, on va s'embarquer dans ce chemin-là», menace le président du syndicat.









