Toujours pas d'entente avec Savoura

Marie Gosselin, présidente des Serres du Saint-Laurent.... (Photo: Le Soleil)

Agrandir

Marie Gosselin, présidente des Serres du Saint-Laurent.

Photo: Le Soleil

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'été qui s'achève n'aura finalement pas porté conseil aux protagonistes de la cause opposant les Serres du Saint-Laurent (Savoura) et la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Le président de la Régie, Pierre Bouchard, a récemment fait parvenir une lettre aux maires des municipalités membres pour leur annoncer qu'un compromis avait été proposé à SSL, en juin dernier, qui aurait pu permettre d'envisager un règlement.

«Nous souhaitons une ouverture de la part de nos vis-à-vis ce qui, malheureusement, n'est pas toujours le cas», écrit-il.

«J'ai envoyé cette lettre parce que je me sentais obligé, comme responsable du conseil d'administration de la Régie, de dire à nos membres ce qu'on est en train de faire et dans l'objectif de leur dire: rassurez vos populations, la Régie ne reste pas insensible aux propos du juge.»

C'est que le juge qui préside cette cause, l'honorable Édouard Martin, a recommandé à maintes reprises aux deux parties de négocier hors cour et d'en arriver à une entente à l'amiable.

Depuis le mois de mai, alors que la cause a été suspendue pour l'été par le juge et ne reprendra que le 1er novembre, le maire Bouchard se fait souvent demander ce qui se passe avec ce dossier.

«Les gens qui me rencontrent dans la rue me parlent de ça», dit-il. «Ils me demandent: est-ce que vous vous parlez? Ils sont sur l'impression qu'on ne pouvait même pas se regarder», raconte-t-il.

Or c'est loin d'être de le cas.

La présidente des Serres du Saint-Laurent, Marie Gosselin, confie elle-même que ses discussions «avec la Régie et M. Bouchard sont quand même beaucoup plus cordiales. On a eu entre nous de bonnes discussions», dit-elle.

Elle s'est même rendue à trois reprises à la mairie de Notre-Dame-du-Mont-Carmel pour discuter avec M. Bouchard.

Plus cordiales les relations, peut-être, mais les deux parties sont encore et toujours bien braquées sur leur position respective.

«On n'a pas la même façon de voir les choses», résume Pierre Bouchard.

Depuis mai, les deux parties se parlent régulièrement, confirme-t-il, et «on continue de fournir du biogaz sur une base régulière continue», précise le président.

Marie Gosselin, de son côté, nuance ce propos. «Je suis très surprise de la lettre que M. Bouchard a écrite parce que c'est nous qui avons lancé la négociation à chaque fois. À chaque pause, on a appelé pour dire: vous ne pensez pas qu'on devrait essayer de trouver un terrain d'entente pour régler les problématiques? Parce que les problématiques demeurent au niveau de l'approvisionnement», dit-elle.

«La semaine passée, ils ne nous ont fourni du biogaz que le tiers du temps. Ils ont toujours des bris d'équipement, il y toujours quelque chose qui arrive», déplore-t-elle.

Le maire Bouchard assure pourtant qu'un règlement du conflit hors cour est l'objectif recherché par la Régie. «C'est une bonne discussion qu'on a eue au conseil d'administration et ça se résume par un mot: réglons», dit-il.

«Quand le juge te dit: ''faites quelque chose pour négocier hors cour, ne me demandez pas de vous imposer une décision'', ça veut dire met de l'eau dans ton vin et c'est qu'on a compris et appliqué», insiste le président de la Régie.

Celui-ci affirme toutefois que la Régie est seule pour danser. «Il ne faut pas qu'il y ait une partie qui se dise: ''moi je pense gagner''«, déplore-t-il.

Or, c'est bien le discours que tient Mme Gosselin dans ce débat et elle ne s'en cache pas. «Nous, c'est sûr, on croit en notre dossier. Nos avocats sont très confiants», dit-elle.

La présidente des Serres du Saint-Laurent ajoute que malgré sa confiance en l'issue du procès, «on pense que pour la Régie, le meilleur des règlements, c'est vraiment une entente à l'amiable. Le pire des règlements est mieux que le meilleur des jugements et ce serait bien pour le futur qu'on en arrive à une entente», propose-t-elle.

Même si chacun reste encore sur ses positions, pour le moment, Pierre Bouchard se dit optimiste. «Ça ne se peut pas qu'on ne trouve pas un moyen pour que tout le monde soit gagnant là-dedans. Ça ne se peut pas», martèle-t-il.

1,5 million$ en frais juridiques

Les Serres du Saint-Laurent et la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie ont dépensé chacune environ 500 000 $, jusqu'à présent, pour assumer les frais juridiques du litige qui les oppose.

Si aucune entente n'intervient, le procès reprendra le 1er novembre pour au moins trois autres semaines. Les frais juridiques à eux seuls pourraient alors s'élever à 1,5 million $.

À plusieurs reprises, le juge Édouard Martin a recommandé aux deux parties d'en venir à une entente hors cour. Rappelons que SSL réclame une somme de près de 2 millions $ à la Régie.

En cour depuis mars

Les Serres du Saint-Laurent ont aménagé des serres de 18 millions $ à Saint-Étienne-des-Grès en 2007. L'entreprise avait choisi cet endroit afin de profiter des biogaz que pouvait lui fournir à peu de frais la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Toutefois, la fourniture de biogaz a connu plusieurs ratés et SSL a dû s'approvisionner chez Gaz Metro en attendant que les problèmes techniques se règlent.

SSL accuse la Régie de fournir un biogaz de mauvaise qualité tandis que la Régie prétend que SSL ne s'était pas procuré les équipements adéquats habituellement nécessaires pour brûler du biogaz.

Les deux parties sont en cour depuis mars dernier afin de dénouer le litige.


publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer