Le litige entre le gouvernement et les ambulanciers dure depuis près de quatre ans, alors que des griefs ont été déposés pour contester une disposition de la convention collective d'environ 1400 travailleurs paramédicaux. En vertu de cette disposition, ils devaient être disponibles sur les heures de repas, même si celles-ci ne sont pas rémunérées.
«Il y a eu trois sentences arbitrales qui nous ont donné raison, une contestation en Cour d'appel et une demande de révision judiciaire qui, chaque fois, nous donnaient gain de cause. On essaie simplement de faire appliquer cette décision-là», résume Yves Imbeault, conseiller en relations de travail à la Fraternité des travailleurs et travailleuses préhospitaliers du Québec (FTPQ).
Celui-ci estime que le ministère de la Santé et des Services sociaux agit de mauvaise foi dans ce dossier, puisque dans certaines régions - notamment la Montérégie - on a déjà corrigé la situation et versé les compensations appropriées aux employés touchés. Le gouvernement propose plutôt l'application d'une lettre d'entente selon laquelle les paramédics fermeraient leurs radios lorsqu'ils sont en pause pour le repas.
«C'est déraisonnable de permettre ça. Il manque de ressources. Nous on considère que si les radios sont fermées et que les paramédics ne sont pas disponibles, ça peut avoir des conséquences importantes dans certains endroits», note M. Imbeault.
Ses propos trouvent écho auprès de Marc-Antoine Laverdière, président du syndicat des ambulanciers de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie (CAM). «De nuit, on a sept véhicules pour couvrir le territoire de Batiscan, Trois-Rivières, Shawinigan et Bécancour-Nicolet. Si on ferme nos radios quand on prend nos repas et qu'on n'est plus disponible, ça réduit la couverture», insiste-t-il.
Selon Yves Imbeault, dans des régions plus petites, la situation pose en effet un problème. «S'il y a deux véhicules ambulanciers pour un territoire, et qu'une des deux équipes est en pause pendant que l'autre est sur un appel, ça laisse la zone à découvert», remarque-t-il. Les paramédics veulent démontrer que la couverture devient précaire en appliquant à la lettre la directive souhaitée par le ministère et en éteignant les radios.
Dans la région, la FTPQ regroupe près de 250 paramédics, dont la totalité des quelque 180 employés de la CAM. Si Québec devait donner raison aux paramédics, cela pourrait provoquer un ajustement salarial puisqu'on leur reconnaîtrait que le temps de repas non rémunéré devait en fait l'être, vu qu'ils étaient bel et bien disponibles. Dans certains cas, cet effet rétroactif pourrait entraîner le versement de montants de plusieurs milliers de dollars.
Une rencontre entre des représentants de la Fraternité des travailleurs préhospitaliers du Québec et des fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux doit avoir lieu aujourd'hui. «Mais ça ne change rien, pour l'instant, à notre volonté d'entreprendre des moyens de pression. On verra ce que la rencontre va donner», conclut Yves Imbeault.










