La commission scolaire est à revoir sa politique de sécurité dans les écoles. S'inspirant du Plan de réponse pour des établissements sécuritaires (PRÉS) qui a été déposé à l'automne 2009 par la Sûreté du Québec, les dirigeants scolaires ont décidé de mieux contrôler les allées et venues dans les écoles.
Plus spécifiquement, ils souhaitent exercer un meilleur contrôle au niveau des services de garde qui, comme on le sait, ouvrent très tôt le matin et ferment rarement avant 18 h, à des heures où il n'est pas toujours évident pour les quelques éducateurs sur place de surveiller la porte d'entrée.
«Au primaire, nous avions déjà installé des sonnettes à la porte d'entrée principale de l'école», explique le directeur général de la commission scolaire, Michel Morin.
Conscient de la lourdeur d'un tel système après les heures de classe, et soucieux de prévenir le pire (l'intrusion dans l'établissement d'un individu mal intentionné, voire dangereux pour la sécurité des élèves et des membres du personnel), il précise que la commission scolaire a décidé de faire école dans la région, et peut-être même au Québec.
Tous ses établissements (au-delà de 70 bâtisses) seront dotés d'un dispositif électronique plus sécuritaire pour ceux et celles, petits et grands, qui se trouvent à l'intérieur.
Un projet-pilote a été mené au cours de la dernière année scolaire au centre administratif de la commission scolaire, de même qu'avec les parents des écoliers du service de garde des pavillons Sainte-Madeleine et Sacré-Coeur, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Ces derniers ont expérimenté l'utilisation d'une clé à puce qui avait alors la forme d'une carte magnétique.
Cette année, on parle toujours d'une clé munie d'une mémoire, à l'exception qu'elle a pris la forme d'un jeton de trois centimètres de diamètre environ. Pour déverrouiller la porte, le parent doit la passer devant un dispositif installé à l'extérieur de l'école, près de l'entrée dédiée au service de garde.
M. Morin parle d'une expérience positive et concluante du côté de Sainte-Madeleine et Sacré-Coeur. «Ça s'est super bien passé», résume-t-il avant de confirmer que le directeur informatique de la commission scolaire, Richard Lampron, et son équipe, vont au cours des prochaines semaines planifier l'implantation graduelle d'un tel système qui se veut aussi sécuritaire pour les enfants que facilitant pour les parents.
Chaque école sera notamment appelée à identifier les utilisateurs des clés à puce. Dans les établissements où, par exemple, il n'y a pas de service de garde ou, comme dans les écoles secondaire, on fait appel à des gardiens de sécurité pour surveiller la circulation, les clés en question seront distribuées, sauf exception, aux membres du personnel seule- ment.
«L'objectif n'est pas de remettre une carte à puce à tous les parents de toutes les écoles», tient à préciser M. Lampron qui ajoute que les personnes qui ont l'habitude de se présenter à l'école durant les heures de classe devront continuer de signaler leur arrivée en utilisant la sonnette électrique à l'entrée principale de l'établisse- ment.
D'ailleurs, les clés à puce seront programmées selon des périodes d'accès bien précises. Ainsi, un parent ne pourra pas l'utiliser pour entrer librement dans l'école au beau milieu de l'avant-midi.
10 000 clés vont bientôt circuler
La Commission scolaire du Chemin-du-Roy s'attend à débourser la somme de 100 000 $ pour faire fabriquer des clés à puce qui seront distribuées aux membres du personnel et aux parents des écoles concernées par cette mesure.
La commission scolaire emploie quelque 3000 personnes, alors que ses 24 services de garde sont fréquentés par près de 3000 écoliers. En supposant que les deux parents de chaque enfant se verront remettre une clé à puce, on peut d'ores et déjà supposer que 10 000 clés à puce vont bientôt circuler.
Le service informatique complète ces jours-ci la rédaction du devis technique. Par la suite, la commission scolaire ira en appel d'offres.
Chaque parent utilisateur devra verser un dépôt de 7 $, un montant qu'il lui sera remboursé à la fin de l'année scolaire, au moment de remettre la carte d'accès. Cette formule devrait, selon M. Morin, responsabiliser les parents qui, par ailleurs, devront faire preuve de vigilance avant de laisser entrer une personne qui prétend avoir oublié, perdu ou prêté sa clé.
«On ne souhaite pas que les parents donnent accès à d'autres parents, mais souvent, ils se connaissent entre eux», convient M. Morin qui les invite néanmoins à la prudence s'ils ne reconnaissent pas l'homme ou la femme qui s'invite à l'intérieur de l'école.
«Les parents n'ont pas l'autorisation ni la responsabilité de permettre l'accès à d'autres personnes. Une mise en garde devra être faite», souligne M. Morin.











