Âgé d'une vingtaine d'années, il a d'ailleurs été accusé, hier, par voie téléphonique du meurtre au premier degré (prémédité) de sa mère. Il sera amené aujourd'hui au palais de justice de Trois-Rivières pour sa comparution formelle.
Le drame s'est déroulé dimanche soir vers 22 h 45 au 360, 6e Rue à Louiseville. Les policiers et ambulanciers s'y sont rendus après avoir reçu un appel logé au 911.
«Nous avons retrouvé dans la maison une dame qui était blessée gravement. Elle a été transportée à l'hôpital de Louiseville où son décès est survenu peu de temps après. Le service des enquêtes sur l'intégrité des personnes de la Sûreté du Québec a dès lors entrepris une enquête pour une mort suspecte», a expliqué la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la SQ.
Dans les instants suivants, l'un des deux fils de la victime a été arrêté. Il avait quitté la maison et se trouvait dans un lieu public de Louiseville.
Hier, la SQ n'a pas donné beaucoup de détails sur les circonstances et le mobile du meurtre, compte tenu de l'enquête qui est toujours en cours.
«Des traces de violence ont été retrouvées sur le corps de la victime mais nous ne pouvons pas en dire plus présentement, à part le fait qu'il n'y avait ni arme blanche, ni arme à feu sur les lieux», a ajouté la sergente Cossette.
Selon ce que Le Nouvelliste a pu apprendre auprès des gens du secteur, la dame, une infirmière très respectée et aimée dans la communauté, aurait été tuée à main nue, probablement étranglée, par son garçon au cours d'une dispute. Le jeune homme éprouvait, semble-t-il, des problèmes psychologiques. Toutefois, ces informations n'ont pu être confirmées ni par la police, ni par des proches.
Sur place hier, les policiers avaient érigé un périmètre de sécurité autour de la maison. Les enquêteurs ont passé la maison au peigne fin, assistés par le service d'identité judiciaire et les experts du Laboratoire de médecine légale et de sciences judiciaires de Montréal.
Dans le secteur, c'était la stupéfaction totale.
«Je connais bien la famille. C'est du bon monde. Suzanne était une bonne vivante, souriante, pas dérangeante du tout, qui saluait le monde. Je n'en reviens pas de ce qui s'est passé. Nous avons appris la nouvelle dans la soirée, en revenant de Québec. Il y avait des voitures de police autour de la maison. J'ai alors vu le mari de la victime. Il m'a dit qu'il était arrivé quelque chose de grave entre son fils et Suzanne. Je ne le croyais pas», a mentionné Alain Pichette, un voisin.
Son garçon, Mathieu Pichette, était tout autant secoué, lui qui est un très bon ami du suspect.
«Je le connais depuis plusieurs années. Nous nous voyons régulièrement, au moins une fois par semaine. C'est un bon gars, une personne qui ne dit pas un mot plus haut que l'autre. Il n'est pas du tout agressif, tant verbalement que physiquement. À ma connaissance, il n'était pas en conflit avec sa mère. Jamais, je vous le dis, jamais je n'aurais pu penser qu'il puisse faire une chose semblable. Je suis sous le choc!» s'est-il exclamé.
Toujours selon Mathieu et Alain Pichette, le suspect, qui étudie au Cégep de Trois-Rivières, ne souffrait pas de dépression et ne consommait pas de drogue. Il buvait de l'alcool mais en de très rares occasions.
Un autre voisin, Pierre-Luc Gendron, était lui aussi surpris du drame qui s'est déroulé à quelques pieds de sa maison.
«C'est un quartier tranquille. C'est surprenant qu'un meurtre puisse survenir près de chez nous, ici, à Louiseville. Je ne sais pas grand-chose sur ce qui s'est passé car je connais peu cette famille mais j'ai appris entre les branches que c'est une histoire délicate. C'est très triste!» a-t-il conclu.











