«Les chirurgies ont été couvertes par l'assurance-maladie et maintenant, ma fille va bien. Elle a eu beaucoup de chance. Je suis tellement contente d'être ici!» s'exclame Yohanne Garces, qui espère maintenant être admise à l'université pour y étudier la santé.
«J'ai fait ma demande d'admission, mais il faut traduire mes documents et ça prend du temps», se désole celle qui a suivi des cours de francisation dès son arrivée au pays, il y a quatre ans.
Les nouveaux arrivants font face à toutes sortes d'obstacles en débarquant au Canada. En plus de la barrière de la langue, ils doivent s'habituer à un mode de vie complètement différent de celui dans lequel ils ont grandi. Et souvent, le peu d'information qu'ils ont pu obtenir auprès de l'Ambassade du Canada dans leur pays natal ne reflète pas nécessairement la réalité d'une petite ville comme Trois-Rivières...
«Les gens n'arrivent pas au Canada, ils arrivent à Trois-Rivières! Ce n'est pas Montréal ou Toronto, c'est une petite ville de région dans la province francophone du Québec», image Marthe Tétreault, directrice générale du Centre Ressources Naissance, un organisme qui a décidé d'organiser un colloque donnant la parole aux immigrants de la Mauricie, vendredi, pour connaître leurs véritables besoins en région.
Une quarantaine d'immigrants et autant d'intervenants ont donc échangé sur les difficultés que les nouveaux arrivants rencontrent en venant s'établir ici. Un représentant d'Hydro-Québec est même venu s'adresser au groupe pour expliquer le système de chauffage des maisons...
«L'électricité, c'est ce qui gobe les sous des immigrants, alors souvent ils ne payent pas leurs factures et ils se font couper le courant», mais ils ne comprennent pas nécessairement pourquoi, explique Mme Tétreault.
Cet exemple de problématique en est un parmi tant d'autres, tout simplement parce que certaines généralités du quotidien, qui peuvent paraître bien banales pour les Québécois de souche, sont tout simplement inconnues des étrangers.
Le Centre Ressources Naissance a tenu à organiser ce colloque en raison de sa clientèle grandissante, dont au moins 10 % proviennent de l'étranger. Et dans ces cas, en particulier, les services vont bien au-delà de l'aide à la maternité. «Parce que c'est une réalité qui forme un tout. L'enfant, il a besoin d'être au chaud, il a besoin de manger, d'être en santé... Si personne ne leur explique comment ça fonctionne ici, qui va le faire?» se demande Mme Tétreault.
De passage à Trois-Rivières pour l'occasion, le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, a salué le travail des organismes communautaires impliqués auprès de nouveaux arrivants.
«C'est très encourageant de voir que dans les régions, il y a beaucoup d'organismes à but non lucratif qui travaillent étroitement à l'intégration des nouveaux arrivants. Je trouve même que les communautés plus intimes comme Trois-Rivières et la Mauricie font mieux que les métropoles comme Montréal», a-t-il affirmé, en précisant que le fait qu'il y ait moins d'immigrants permet un meilleur encadrement pour chaque individu.