Le discret parcours artistique de Dorothée Berryman

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Le discret parcours artistique de Dorothée Berryman

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La comédienne et chanteuse Dorothée Berryman visite le répertoire jazz et la chanson française pour son public. À Trois-Rivières, elle passera à la Maison de la Culture demain soir.

Photo: La Presse

 

Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lundi matin, 9 h, Dorothée Berryman est au bout du fil, à la fois vive et posée, heureuse de parler de son parcours artistique et du volet chanson auquel elle se consacre davantage depuis quelques années.

Native de la région de Québec, Dorothée Berryman a cultivé depuis l'enfance sa passion pour les arts. Elle évoque des soirées familiales où elle chantait ou «récitait», et rappelle que ses premières expériences radiophoniques remontent à l'adolescence sur les ondes de CKCV.

 

C'est aussi à l'adolescence qu'elle a chanté à Radio-Canada et qu'on a pu la voir et l'entendre à des émissions de télévision locales. Parallèlement à cet intérêt pour la chanson, la jeune fille s'est initiée au théâtre amateur au Collège Bellevue, où elle a complété son cours classique.

À sa dernière année de collège, elle a joint la Troupe des Treize de l'Université Laval, dirigée par Raymond Bouchard, et dans laquelle elle a côtoyé Rémi Girard et Normand Chouinard alors étudiants en droit. Raymond Bouchard était pour sa part inscrit en Lettres, programme que Dorothée Berryman allait choisir l'année suivante.

«Nous étions tous de jeunes étudiants qui faisions du théâtre en attendant de pratiquer un métier sérieux!», se souvient celle qui a décidé d'épouser une carrière artistique après que Paul Hébert lui eut confié le rôle d'Élise dans Pygmalion au Trident en 1971.

En 1972, Dorothée Berryman s'est établie à Montréal question de favoriser les opportunités de travail. Et du travail, elle en a trouvé pendant les décennies suivantes, à la télé dans des téléromans comme Des dames de coeur ou des séries telles Urgence, et au cinéma dans Le déclin de l'empire américain, pour ne citer que ces exemples.

Retour à la chanson

À travers son parcours de comédienne, Dorothée Berryman a eu l'occasion de marier ses intérêts pour le chant et le théâtre, notamment via plusieurs productions au théâtre de Marjolaine Hébert à Eastman.

En 1973, son interprétation de la chanson Pour cinq sous d'amour, sur une musique de Claude Léveillée pour la pièce du même nom, a même provoqué des offres d'enregistrement de disques.

«Je disais non. Ça me faisait peur. On voulait que je chante telle chose de telle façon, que je m'habille de telle manière... C'était un peu comme vendre un produit. Je ne voulais pas être vue d'une seule façon. Je ne me connaissais pas, j'étais trop jeune. Et au théâtre, j'avais la chance de travailler avec des metteurs en scène qui m'aidaient à mieux me connaître», explique l'artiste.

C'est finalement au milieu des années 1990 que l'appel de la chanson s'est fait plus pressant. Lors d'un séjour à New York, Dorothée Berryman a vu plusieurs spectacles de jazz ou de cabaret.

«Mais aux États-Unis, cabaret ne veut pas dire spectacle avec des plumes et des froufrous. Ce sont des soirées dédiées à des chanteurs, à des compositeurs en particulier», précise-t-elle.

À son retour au Québec, la comédienne s'est dit: «C'est maintenant ou jamais. Je suis mon coeur».

«Revenir de New York m'a fait réaliser que j'étais gâtée chez moi, que j'avais le soutien du public, du milieu, que je pouvais faire des projets», ajoute-t-elle en parlant de son envie de reproduire ici un concept de cabaret à l'américaine.

«Je ne voulais pas embarquer dans la business. Je cherchais un endroit où je pourrais chanter une fois par semaine, sans le dire à personne!», raconte Dorothée Berryman, qui a finalement réalisé son souhait au Sofa, à Montréal, où elle a chanté à tous les dimanches pendant trois mois, devant trois personnes la première fois!

Le bouche à oreille a fait son oeuvre, la chanteuse s'est constitué un répertoire, puis les spectacles se sont multipliés et un premier disque est paru en 2000, suivi d'un autre en 2003.

Dorothée Berryman privilégie le répertoire dit du «Great American Songbook», des standards de jazz écrits entre 1920 et 1970.

Elle apprécie particulièrement les pièces écrites pour le théâtre et le cinéma tirées de ce corpus, et ajoute aussi des pièces de la chanson française à son répertoire.

Sur la scène de la Maison de la culture vendredi, elle interprétera entre autres des titres de ses deux albums parus et de celui en préparation, accompagnée du directeur musical et pianiste Eric Harding, du guitariste Jon Geary, du contrebassiste Dave Watts et du batteur Claude Lavergne.

«Je recherche une communication intime avec les gens. J'aime les faire rire aussi, et j'ai des chansons qui sont là pour ça. L'actualité est là, aussi! J'ai ajouté une chanson que George Gershwin a écrite en 1932, pendant la Dépression. Ça s'appelle Who Cares? et ça parle des banques qui font faillite...», décrit la sympathique artiste multidisciplinaire.

 

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