En première partie, le choeur a interprété, a cappella, huit courtes pièces sacrées tout juste après une prestation du violoncelliste trifluvien Sébastien Lépine offerte sur le Stradivarius 1699 de la Fondation Canimex dont il est dépositaire. Des motets de Palestrina, Bruckner, Vincenzo Ruffo, Christobal Morales de même que deux oeuvres de contemporains, Morten Lauridsen mais également un jeune compositeur de 33 ans, Adrian A. Cuello, constituaient cette portion du concert. Le tout offert sans la moindre acclamation, à la demande du directeur musical de Pro-Musica, Claude Godbout.
En ce Vendredi saint, on souhaitait favoriser la réflexion, l'introspection et aussi bien le répertoire que la très belle chapelle du séminaire y incitaient. Le public, apparemment rompu à l'exercice, a scrupuleusement suivi la consigne. Le silence entre les pièces n'enlevait pourtant rien à l'intensité du concert, bien au contraire. On sentait la puissance de la musique amplifiée par ce respectueux silence. Les occasions de recueillement de cette nature sont trop rares pour ne pas être vivement appréciés. Toute l'atmosphère était teintée de respect et de gratitude.
Une très belle et très gratifiante soirée, en somme.
La seconde partie, dans laquelle le choeur était accompagné de 12 instrumentistes puisés à même l'élite de la région, était consacrée à Gabriel Fauré. On a nous a offert le Cantique de Jean Racine, oeuvre de jeunesse du compositeur, avant d'attaquer la pièce de résistance: le fameux Requiem du grand musicien français mort en 1924. Pro-Musica s'est attaqué à d'autres requiems dans le passé et celui-ci se démarque par sa facture singulière. Il s'agit d'une oeuvre nettement plus lumineuse que la plupart des messes des morts. Une pièce d'une grande beauté, suggérant une certaine sérénité devant l'éternité.
Le très beau Sanctus, illustre à merveille l'approche de Fauré qui offre une musique inspirante donnant de l'au-delà une perspective pleine de calme et d'apaisement. On le remarque tout autant dans le Pie Jesu qui mettait en valeur la soprano Lise Chartier. Le baryton Jean-Marc Sigmen était l'autre soliste invité de la soirée.
On n'avait pas lésiné sur les moyens, et c'est bien là une caractéristique du travail de Pro-Musica qui se voue à la qualité, acceptant d'assumer les risques, financiers le plus souvent, que cette approche exige. Ça demande un certain courage ou alors un grand respect pour la musique. Quoi qu'il en soit, ce sont les mélomanes de la région qui y gagnent.
Une très belle et très gratifiante soirée, en somme de même qu'un autre défi de taille relevé avec beaucoup de panache par le choeur Pro-Musica, un choeur d'amateurs qui maintient un niveau élevé et constant d'année en année. Quelque 350 personnes assistaient au concert de vendredi, témoignage de l'impact du choeur dans le milieu musical trifluvien, d'une part, mais aussi de la pertinence de son approche pour son concert du Vendredi Saint. L'événement aura permis de constater une fois de plus la place considérable qu'occupe la musique classique à Trois-Rivières et la qualité de ses interprètes. On peut légitimement s'attaquer à de grandes oeuvres du répertoire et en offrir des interprétations dignes de mention pour un public qui sait apprécier.











