Le Bloc québécois remet la culture sur le tapis

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Le Bloc québécois remet la culture sur le tapis

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Dans l'ordre, les députés bloquistes Paule Brunelle, Luc Malo et Carole Lavallée.

Photo: Stéphane Lessard

Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les députés du Bloc québécois poursuivent leur croisade pour rétablir les subventions de 26 millions $ coupées en août 2008 par les conservateurs. Des sommes redistribuées, depuis, pour le relais de la flamme olympique par le ministre de la Culture et du Patrimoine, James Moore.

Des coupes qui ont affecté majoritairement les Québécois puisque les artistes d'ici occupent la large part de l'intensité culturelle au pays, rappellent les députés du Bloc.

 

Hier, trois d'entre eux se sont arrêtés à la Maison de la culture de Trois-Rivières pour y rencontrer les intervenants culturels de la région. On voulait les entendre sur les répercussions directes que ces coupes ont eu sur leur travail.

Motion

Luc Malo, député de Verchères-Les Patriotes et porte-parole en matière de santé au sein de son parti, a déposé une motion à la Chambre des communes visant à inciter le gouvernement fédéral à annuler les compressions de l'été dernier. Cette motion sera débattue de nouveau à la fin mai.

Avec sa tournée québécoise, il veut rapporter en Chambre des exemples concrets des dommages causés sur le terrain. «Les députés d'arrière-banc seront à même de faire leur jugement personnel avant de voter», dit-il, visant notamment les députés conservateurs québécois.

Autour de la table, la députée Paule Brunelle recevait par ailleurs la porte-parole du Bloc en matière de patrimoine, la députée Carole Lavallée, qui accuse son vis-à-vis James Moore de dissimuler les études qu'il cite pour justifier les coupures fédérales, d'autant plus que chez les bloquistes on a plutôt les preuves du contraire.

Outre le retour du financement, elle formule également le souhait que le budget du Conseil des arts du Canada soit haussé à 300 millions $. «Ultimement, on demande que le secteur de la Culture soit transféré au Québec, où l'on comprend mieux les besoins des artistes, leurs valeurs et leurs projets», note Mme Lavallée, «avec les budgets bien sûr.»

Les artistes trifluviens

Parmi les artistes trifluviens entendus hier, Guy Langevin, codirecteur de la Biennale d'estampe contemporaine a expliqué que le fédéral était dernier en terme de financement, après les paliers provincial et le municipal. «On reçoit 30 000 $ aux deux ans de Patrimoine Canada mais on a travaillé pendant un an pour aller chercher ça», observe-t-il.

Selon lui, le gouvernement conservateur privilégie la culture-spectacle, qui exclue d'emblée son secteur d'activité. «Les arts visuels, ce n'est pas glamour», dit-il. «Plus un art est pointu, plus il a besoin de faire de la promotion à l'extérieur. On n'a pas le choix d'y aller. C'est une question de survie et de commerce.»

Le directeur du Musée des arts et traditions populaires du Québec, Benoît Gauthier, a expliqué pour sa part que les coupes affectaient directement le renouvellement des expositions. «On a été les premiers à passer au batte il y a trois ans», dit-il. «On a un problème de renouvellement de nos produits dans nos musées avec des standards de qualité.» À Trois-Rivières, on a d'ailleurs dû renoncer à une exposition sur les jeux de société qui rassemblait les différentes communautés francophones au pays.

La députée Paule Brunelle a évidemment rapporté la situation des Sages Fous, qui profitaient du programme Prom'Art pour aller présenter leur art en Europe.

Josée Grandmont, directrice du regroupement Médiat-Muse, a noté que la subvention de quelques dizaines de milliers de dollars de ce regroupement est tout bonnement réduite à zéro pour 2010.

Représentant l'Association des éditeurs, Gaston Bellemare indique que le livre a subi moins de dommages qu'ailleurs, parce que tout bonnement moins financé, dit-il. «Le livre fait 90 % du chiffre d'affaires du cinéma et reçoit 7 % des subventions du cinéma», donne-t-il en exemple.

Avec les coupes fédérales, son association a toutefois perdu les sommes qui leur permettaient d'envoyer un stagiaire à l'étranger. Il indique par ailleurs que pour 100 000 $ de livres vendus, le fédéral accorde une somme de 5000 $ pour en faire la promotion. «C'est la somme que ça prend pour faire la promotion d'un seul livre...»

Il en veut pour sa part particulièrement à Postes Canada, qu'il traite de bandit. «Envoyer un livre à mon entrepôt à Paris me coûte 270 % plus cher que d'envoyer un livre de la France au Canada», dit-il.

 

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