Francis Cabrel s'est amené en ville hier avec, dans ses bagages, son répertoire de perles, qu'il offre à son public dans un alliage de bon goût et d'élégance.
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Tout est parfaitement dosé avec lui. Bon dosage d'abord entre ses chansons toutes récentes et son répertoire des dernières décennies. Des pièces qu'il offre à son public à petites doses, maître dans l'art de faire durer le plaisir.
En alternance, il défile ses toutes dernières alors que pour ses classiques, il se fait tout aussi généreux, allant jusqu'à s'offrir un tête-à -tête avec le public pour quelques-unes.
C'est ainsi que ses cinq musiciens s'éclipseront subtilement en plein coeur de soirée, laissant Cabrel seul sur scène avec sa guitare, assis sur un banc, en toute intimité pour livrer Petite Marie et Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai.
Bon dosage dans la parole. Que de petites interventions laissées ici et là , la plupart du temps avec un sourire en coin qui va de paire avec un humour subtil qui marque le point à tout coup, et qui crée une complicité de tous les instants avec son public toujours captif.
Bon dosage dans le geste. Oubliez l'artiste timide derrière sa guitare, Francis Cabrel bouge bien et s'amuse sur scène, donnant dans les subtils déhanchements, qui créent leur effet.
En tout début de soirée, il arrive sur scène tout bonnement, sans grand mystère, pour créer son climat graduellement, avec maîtrise et raffinement. La soirée s'installe naturellement. Tout semble se faire aisément, dans une simplicité qui s'arrime avec une musique recherchée. Les cinq musiciens l'accompagnent allègrement dans son standard élevé de qualité.
Et il déploie son art. La fille qui m'accompagne en ouverture de soirée; Des roses et des orties sur fond de violon, contrebasse et accordéon; Les cardinaux en costume, le temps d'une tirade plus sociale; un faisceau de lumière blanc sur lui pour L'encre de tes yeux.
Il multiplie les beaux moments et à l'occasion, il reprendra une pièce une deuxième fois, que pour entendre le choeur qui lui provient de la salle. Un choeur de chanteurs qui se fait tout aussi doux, qui épouse une atmosphère ambiante qui appelle le bon goût aussi du côté de la salle.
Un public qui murmure ses mots avec lui, et qui se lèvera en milieu de soirée pour lui servir une ovation spontanée, qui ne pouvait tout bonnement pas attendre l'issue du spectacle.
Francis Cabrel était visiblement ravi hier soir, laissant d'ailleurs les spectateurs avec quatre rappels et quelques mots doux sur la qualité du public trifluvien, un public qui en redemandait évidemment.
Parmi les rappels, il a notamment entonné en tout premier lieu Mademoiselle l'Aventure, qu'il a chantée dans l'obscurité, comme il l'avait prévu pour contrer l'émotion que cette pièce génère.
L'homme est généreux à souhait, et plus lumineux que jamais, délesté d'un côté jadis plus sombre qui semble s'être totalement évaporé pour céder toute la place au plaisir.
Le répertoire de Francis Cabrel n'a pas d'âge, lui non plus d'ailleurs.
Pas plus que son public qui, de toute évidence, se renouvelle à chaque décennie si l'on se fie aux spectateurs présents hier, dignes représentants d'une panoplie de générations.
Et à chaque âge, on fait honneur à un répertoire qui touche l'universel titre après titre, ligne après ligne.
Un dernier mot en terminant pour Catherine Durand qui, en ouverture de soirée, a servi un harmonieux prélude à la soirée, saluée elle aussi par une ovation bien sentie.
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