Le tout prendra vie demain soir devant près de 2000 personnes. Or hier, les premières observations faites sur les répétitions permettaient déjà de constater l'envergure de cette production.
En terme d'installations, le défi n'était pas banal pour aménager les scènes sur toute la largeur du Colisée, les deux écrans qui borderont le tout, sans oublier les loges pour le confort de la cinquantaine de danseurs à accueillir.
Depuis mardi, les techniciens vaquent au montage des inations sans grand répit. Hier, l'assistante à la direction artistique, Marie-Ève Lafontaine, prévoyait d'ailleurs qu'ils y passeraient la nuit. Le lieu sera également bien servi sur le plan des éclairages puisqu'on double le nombre de projecteurs, comparativement à une spectacle donné à la salle J.-Antonio-Thompson, note Mme Lafontaine. Reste le son, qui offre également un défi de taille, note-t-elle, quoique l'acoustique est encourageant. «Jusqu'à maintenant, ça sonne très bien et on n'a pas encore terminé les ajustements.» La jeune femme en était ravie hier. «On sait qu'on tient un petit bijou...»
Hier, Jacques Lacombe et ses musiciens ont passé l'avant-midi à tester le lieu et le maestro se réjouissait de savoir que l'endroit sera comble. «Actuellement, le son tourne un peu mais le public va absorber une grande part de l'écho.»
D'ailleurs les musiciens adaptent leur interprétation en fonction de ce phénomène, explique M. Lacombe.
«À la salle Thompson, l'acoustique est plutôt sec, il n'y a pratiquement pas d'écho alors on joue tous les passages courts un peu plus longs pour arrondir le son. Ici, au contraire, on va détacher les notes pour mieux entendre la définition.»
Juste devant la scène des musiciens, une deuxième scène réservée aux danseurs était occupée hier après-midi par les danseurs qui se succédaient, chaque chorégraphe ayant son heure de pratique dans les lieux pour s'approprier l'espace, sous l'oeil attentif de Jacques Lacombe.
Avec 13 années à la direction de l'orchestre des Grands Ballets Canadiens, entre autres expériences de ballet, le maestro a développé une sensibilité à l'endroit de cet art avec les années et a aiguisé son instinct. «Au début, je ne connaissais rien à la danse mais comme je dirige très souvent par coeur, j'ai le loisir de regarder les danseurs parfois. Au début, j'étais trop lent mais j'ai appris à mener un peu plus.»
Samedi, il prévoit se tourner à quelques reprises au cours de la soirée pour observer les danseurs, sinon il demandera qu'on lui installe deux téléviseurs pour apprécier le tout devant lui.
Hier, ses musiciens partageaient leur première expérience au Colisée. «Ils trouvent que c'est un peu audacieux comme projet mais ils sont excités à cette idée. J'ai bien hâte de voir ce que ça va donner», disait-il hier.
Or le contexte est favorable. Habituellement, note le maestro, danseurs et musiciens ne pratiquent ensemble qu'en générale, l'après-midi d'un spectacle, alors que cette fois-ci, ils pourront s'y adonner la veille.
Aujourd'hui donc, les danseurs auront tour à tour le loisir de vivre une répétition avec l'orchestre mais ce n'est que samedi après-midi qu'on enchaînera le tout dans une ultime générale.
Il est à noter que demain soir, les portes s'ouvriront dès 19 h. Les billets ont été vendus pour le parterre ou les gradins, mais pour le reste, ce sera premiers arrivés, premiers servis.










