Cette fois, le vitrail est consacré à trois artistes trifluviens de premier plan: la chanteuse Fabiola Toupin, l'écrivain Clément Marchand et le peintre Jean-Marc Gaudreault.
Jean Beaulieu, le concepteur, les a choisis, pour ce qu'ils représentent: trois domaines artistiques importants et des individus de trois générations qui ont tenu à demeurer à Trois-Rivières pour y pratiquer leur art. Pour la réalisation, un groupe de cinq jeunes en rupture sociale ont oeuvré à raison de 30 heures par semaine depuis décembre dernier pour arriver au résultat final. Ce sont: Audrey Kim Roussell, Marie-Claude Lacroix, Simon Dussault, Julie Bélisle-Lafontaine et Laeticia Chamberland, qui a travaillé à titre d'aide technique.
Pierre Allen, président du conseil d'administration des Ateliers Art-Go a eu ce bon mot pour décrire le projet: «Le seul endroit où le soleil brille plus que dans les vitraux installés au parc portuaire, c'est dans les yeux des jeunes qui les ont faits.»
À cause du poids des années, il a 96 ans, Clément Marchand n'a pu assister au dévoilement. Par contre, les deux autres artistes honorés, particulièrement émus, y étaient.
«C'est un honneur qui est difficile à prendre parce que c'est tellement gros, disait Fabiola Toupin. Je suis extrêmement honorée d'y être en compagnie d'artistes que j'admire comme Jean-Marc ou Clément Marchand. C'est quelque chose qui me dépasse. Peut-être que je vais finir par en comprendre le sens beaucoup plus tard.»
«Je suis une fille de musique et de chanson mais également une fille d'engagement et de parole. Je suis une communicatrice qui veut porter des idées. On a tous une lumière qui nous habite et je sens que c'est cette lumière qui a justifié l'honneur qu'on me fait. Ma mère m'a fait remarquer que les rayons de soleil vont traverser le vitrail à 7 h le matin, l'heure à laquelle je suis née.»
Jean-Marc Gaudreault recevait le tout avec la même émotion. «D'abord, je trouve le vitrail très beau par sa composition. Le fait que ça ait été fait par des jeunes de la rue, ça me touche beaucoup. Ils ont travaillé très fort. Le fait d'être associé à Trois-Rivières de cette façon, ça vient me chercher profondément. En plus, pour moi, le vitrail nous rapproche des églises, quelque chose d'intemporel, de sacré. Il n'y a pas beaucoup de villes qui peuvent se targuer d'avoir un endroit comme celui-ci où sont installés les vitraux. C'est très beau.»?

















