La magie de La 9e a opéré

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La magie de La 9e a opéré

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Superbe soirée, samedi au Colisée de Trois-Rivières, où danseurs, musiciens, solistes et choristes ont rendu hommage à La 9e Symphonie de Beethoven.

Photo: Stéphane Lessard

Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le projet était ambitieux, mais le résultat s'est avéré remarquable. C'est sur une soirée de grande envergure que le Festival international de Danse Encore a conclu sa 15e édition samedi soir avec, pour témoins, près de 2000 spectateurs qui ont vécu au Colisée de Trois-Rivières une soirée unique, et un moment qui restera certainement gravé dans les annales de ce Festival.

Les 60 musiciens de l'OSTR, quatre solistes, un choeur de 120 voix et une cinquantaine de danseurs ont épousé samedi soir La 9e Symphonie de Beethoven et lui ont fait honneur.

«C'est un défi, mais ce sera aussi une magie», disait la chorégraphe Margaret Mehuys quelques semaines avant cette création. Sa prédiction était d'autant plus véridique que la dame a donné sans doute les plus grands moments de cette production avec ses danseurs des Ballets Ouest de Montréal.

En abordant l'ultime mouvement de la soirée et en donnant à ses danseurs l'occasion de faire corps avec le compositeur, la chorégraphe a signé les moments les plus intenses et les plus touchants du spectacle pour laisser le public du Colisée sur une note quasi sacrée.

Il faut dire que le 4e mouvement est celui où l'on peut entendre l'Ode à la joie et que dans la facture la plus classique de la soirée, dans toute la grâce du ballet que déployaient ses danseurs, l'heure était à la précision et à la pure beauté.

La chorégraphe avait invité pour l'occasion les deux premiers danseurs du Royal Winnipeg Ballet. Or la ballerine était un véritable bijou sur scène, que son partenaire a fait scintiller avec tout autant de force et d'élégance.

Avec les musiciens de l'OSTR postés derrière, le rideau qui s'est ouvert sur un imposant choeur pour ajouter encore à la profondeur du tableau et les quatre solistes qui rivalisaient de puissance, on en était quitte pour un moment de pure émotion.

En fait, seules les projections sur les deux écrans géants devenaient superflues dans l'ensemble. Certaines images qui évoquaient Trois-Rivières avaient leur pertinence en ce 375e anniversaire de la ville mais ce soir-là, on était bien ailleurs.

La soirée avait aussi débuté de manière éclatante avec une chorégraphie signée Roberto Campanella, misant sur les effets de groupe pour se coller aux effets de violons dans un crescendo qui s'entendait en musique aussi bien qu'il s'observait dans la gestuelle. Un alliage de danses classique et contemporaine qui ne manquait pas d'originalité et de vigueur.

Le deuxième mouvement était signé Edgar Zendejas, qui a pour sa part alterné entre les mouvements saccadés et les portés tout en légèreté avec ses huit danseurs, suivis des dix interprètes de Shawn Hounsell, qui favorisaient également le mélange des genres.

L'OSTR, qui s'était déjà approprié La 9e Symphonie de Beethoven cet automne, a fait retentir l'oeuvre dans toute sa grandeur, dirigée avec panache par un maestro qui a soulevé lui aussi plusieurs notes d'admiration au sein du public.

Jacques Lacombe, qui a ce pouvoir de diriger une telle oeuvre par coeur, avait des yeux tout le tour de la tête samedi soir, se payant fréquemment le loisir de se retourner pour sonder les pas des interprètes à l'oeuvre, qui suivaient le rythme allègrement.

À un seul moment, dans le troisième mouvement, on a pu observer un décalage entre la musique et la danse, forçant une interprète à terminer ses pas sans musique, voire sans éclairage dans les derniers moments.

Un bémol, les gens qui étaient assis au parterre, passés les premières rangées, ont eu bien du mal à apprécier les pas des danseurs. Et lorsque les interprètes y allaient de mouvements au sol, la tâche devenait pratiquement impossible, ce qui en a fait maugréer quelques-uns. Certains sont d'ailleurs allés jusqu'à quitter les lieux à la fin d'un mouvement, pour gagner les quelques places demeurées libres dans les gradins.

En contrepartie, le son était plutôt impeccable, si ce n'est un problème qui a fait craindre le pire dans les premiers moments du spectacle, mais qui s'est vite résorbé. Sans quoi, La 9e était une soirée tout bonnement ravissante dans son ensemble, un constat que les spectateurs ont souligné par une longue ovation.

Idéatrice et directrice artistique de cette production, Claire Mayer (assistée de Marie-Ève Lafontaine) a eu un flair et un doigté indéniables en concoctant cette grande aventure.

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