Éclyps en toute clarté

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Éclyps en toute clarté

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Le spectacle Éclyps fera encore les beaux jours de la Cité de l'énergie cet été.

PHoto: Sylvain Mayer

Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Pour sa troisième année à la Cité de l'énergie de Shawinigan, le spectacle multimédia Éclyps gagne en efficacité, surtout en raison de sa clarté. Ce n'est pas que l'histoire des Sélénites de Bryan Perro soit bien compliquée, mais les modifications apportées à son texte cette année avaient tout à fait leur raison d'être.

En prenant la relève du metteur en scène initial Martin Laroque, l'auteur avait mentionné son intention de se rapprocher de son texte, et l'effet se constate dès les premières minutes du spectacle, dès la mise en contexte. Il faut dire qu'avec son double-chapeau cette année, Perro a pu s'en donner à coeur joie en maniant le texte en toute liberté et arrimer le tout avec ses trucs de mise en scène, tout en ajoutant ici et là des pointes d'humour qui se révèlent plus fines, voire plus efficaces que par le passé.

 

Mardi, lors de la soirée de première, son équipe était fin prête à livrer la marchandise et ce, malgré un délai passablement rapide pour l'équipe des acrobates qui ont ingurgité la somme de manoeuvres à exécuter en trois semaines seulement et ce, sur un fond de météo qui leur a fait défaut plus souvent qu'à leur tour.

Sur les treize acrobates, dix sont nouveaux sur ce plateau et ont visiblement apprivoisé le spectacle rapidement, pour donner à la production une belle qualité d'exécution dans l'ensemble, nonobstant certaines hésitations ou quelques rares faux pas. Avec eux, les spectateurs ont d'ailleurs droit à quelques nouveaux numéros, notamment sur tonneaux et sur banquine, tout en éludant du spectacle l'équilibre sur bicyclette ou la planche sautoir.

D'autres éléments de nouveauté logent aussi du côté des éclairages et de nouveaux éléments de décors, des ajouts qui donnent un cachet encore plus sophistiqué au cadre visuel qui était déjà relevé.

Autre élément favorable cette année, le retour de Jean Laprise dans le personnage du narrateur est heureux. L'an dernier, André Richard avait fait un bon travail en livrant la marchandise à sa manière, mais le texte avait été écrit en fonction de la bouille et du charisme de Jean Laprise et cette année, il reprend un rôle fait pour lui. Son interaction avec le public cette année semble par ailleurs se faire encore plus aisément que lors de la première édition, à moins que ce ne soit les changements de texte qui fassent cette différence.

Toujours aussi tordante dans son rôle de princesse Claire de Lune, la comédienne Renée Houle a apporté elle aussi quelques modifications à son jeu, tant et si bien que chacune de ses présences marque le coup.

Mardi soir, quelques longueurs ont néanmoins été accusées, notamment dans la scène du mariage en bout de soirée, qui gagnerait sérieusement à être resserrée. Les numéros de danse ont aussi de la latitude pour gagner en grâce en cours de saison.

Pour ceux qui n'ont pas encore pris note de la trame qui se passe à Shawinigan, notons que les spectateurs y sont conviés à rencontrer un homme qui raconte comment, dans son enfance, il avait douté de l'existence des habitants de la Lune, un doute qui mettait en danger de survie ces Sélénites.

Dans le spectacle, on assiste au déploiement d'énergie de ce peuple pour parvenir à effectuer un voyage sur Terre, histoire de rencontrer ce garçon et de lui permettre de retrouver la foi en eux, s'évitant une éclipse. Le tout se déroule en danse, en musique, en comédie, en acrobatie et en effets pyrotechniques.

L'an dernier, au soir de première, le public avait assisté à un malheureux petit déluge qui avait nui à l'ensemble. Mardi soir, l'année partait sur une meilleure note, les artistes se retrouvant à évoluer dans une soirée frisquette certes, mais au sec.

Il s'agissait ce soir-là de la première représentation officielle d'un été qui s'annonce encore une fois marquée par de très joyeux moments à la Cité de l'énergie. Pour tous les âges, Éclyps est un rendez-vous sûr, qui pourra être honoré jusqu'au 22 août, du lundi au samedi inclusivement, dès le coucher du soleil.

 

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