L'homme qui ne fait pas ses 50 ans est jovial, volubile, et semble passionné par sa mission de développer le potentiel des jeunes musiciens au talent d'exception.
M. Dallaire a succédé à Pierre Normandin à la direction du Conservatoire de musique de Trois-Rivières. Ce dernier a quitté l'institution pour la retraite à la fin de juillet, pour être remplacé par celui qui dirigeait le Concours de musique du Canada depuis 1995. Originaire de Saguenay, le nouveau directeur est violoncelliste de formation.
Outre son implication dans le Concours de musique du Canada, qui lui a permis de découvrir les talents des jeunes virtuoses à travers le pays, M. Dallaire a aussi enseigné au Cégep de Drummondville et au Conservatoire de Val-d'Or, en plus d'avoir joué au sein de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières pendant plusieurs années.
«Ça faisait longtemps que j'étais au Concours de musique; je voyageais à travers le Canada, j'entendais des jeunes talents de partout. J'avais envie de continuer à faire la même chose, développer le talent des jeunes, mais à une échelle plus réduite. C'est peut-être plus facile d'avoir de l'influence sur un microcosme qu'à une plus grande échelle», formule M. Dallaire.
Le conservatoire de musique trifluvien est l'un des sept chapeautés par l'institution provinciale (le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, qui compte aussi deux écoles de théâtre). Il existe aussi des conservatoires de musique à Gatineau, Montréal, Québec, Rimouski, Saguenay et Val-d'Or.
Même si la gestion de ces établissements est soumise à des lois et règlements bien précis, M. Dallaire croit qu'il est possible de teinter sa gouvernance des traits de sa personnalité.
«Comme humain, il faut s'approprier les choses. J'essaie d'apporter ma couleur comme individu, tout en respectant les règles et les gens qui travaillent autour», soutient celui qui prône le ralliement de tous les intervenants des mondes de la culture et de l'éducation, pour «accompagner les jeunes qui ont un potentiel».
M. Dallaire observe que dans toutes les écoles primaires et secondaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec, il existe des enfants et des adolescents qui se distinguent par leur talent en musique. Il s'agit, selon lui, d'identifier ces jeunes et de les encourager à approfondir leur formation dans une institution comme le conservatoire.
Si dans les écoles régulières les élèves apprennent surtout en groupe, le conservatoire propose un parcours plus individuel, dans un niveau de formation pouvant mener jusqu'à l'obtention d'un diplôme équivalent à un second cycle universitaire.
Soixante-dix-huit élèves sont inscrits au Conservatoire de Trois-Rivières pour l'année 2009-2010. Une quinzaine de professeurs y enseignent dont, par exemple, la violoniste Francine Dufour, les pianistes Michel Kozlovsky et Denise Trudel, l'organiste et directeur de choeur Raymond Perrin et le chef d'orchestre et compositeur Gilles Bellemare.
Louis Dallaire se dévoile comme un grand ambassadeur de la musique et de son apprentissage, et ne s'inquiète pas quant à la relève. «Il y a 800 jeunes qui s'inscrivent au Concours de musique du Canada. Les jeunes ont le goût de dépasser le minimum! Le ?vouloir aller plus loin? les stimule beaucoup», observe-t-il.
«La musique devient un moyen d'expression. Et ce n'est pas que la musique comme telle, c'est tout ce qu'elle apporte», ajoute-t-il en énumérant les qualités de discipline, de concentration et de structuration de la pensée favorisées par l'apprentissage de la musique.











