«Le slam, c'est une soirée de poésie où les participants disent leurs poèmes de trois minutes maximum, sans accessoire, et sont jugés par le public. C'est de la poésie sportive», explique le fondateur de Slamontréal et de la Ligue québécoise de slam.
Des soirées de slam sont organisées à Montréal, Québec, Sherbrooke, Gatineau, Lanaudière et Trois-Rivières.
Le but de ces rendez-vous est de qualifier des slameurs qui s'«affronteront» au Grand Slam provincial, et de désigner ultimement un représentant du Québec à la Coupe du monde, en France.
Pour illustrer le portrait de ceux qui participent aux slams et ceux qui s'y intéressent, Ivy précise que les poètes, hommes et femmes, qui ont pris le micro au dernier Grand slam étaient âgés de 17 à 65 ans.
Donc, le slam est une compétition (qu'on pourrait comparer à l'improvisation, en théâtre), mais c'est aussi une façon de livrer des poèmes. «Comme le disait le fondateur Mark Smith, le slam c'est 50 % poésie, 50 % performance», décrit Ivy.
Les slameurs écrivent des poèmes «oraux», destinés à être déclamés d'une façon particulière.
Ivy, qui s'est aussi fait connaître dans le monde de la musique (en solo et au sein du duo «folk-punk-intello» Ivy et Reggie), a eu le coup de foudre pour le slam en 2004.
«Cette découverte a changé ma vie. Le slam m'a électrocuté», illustre celui qui a lancé son livre-disque Slamamérica en 2008.
Ce sont principalement les pièces/poèmes de cet album/livre que les gens pourront entendre jeudi à Trois-Rivières.
Parce que oui, les slameurs peuvent aussi donner des spectacles en salle, en dehors du contexte réglementé des soirées de compétition.
Les poèmes d'Ivy sont slamés sur un fond de musique. Sur scène, il est accompagné de Liu-Kong Ha, Vincent Legault et Sylvain Carroll, qui marient percussions, claviers, guitare, basse et mélodica à ses mots.
«Les gens pourront entendre ce qu'il y a sur le disque. Mais comme ça fait un an et demi que le spectacle roule, il y a des éléments qui ont changé. Il y a des textes dits sans musique, d'autres dont on a modifié les musiques, des textes a capella qui ne sont pas sur le disque», énumère Ivy.
L'artiste considère que les gens qui aiment Sol, Fred Pellerin ou Richard Desjardins, par exemple, sont susceptibles d'apprécier sa façon d'aborder et d'agencer les mots.
Mais au-delà des phrases, Ivy ne néglige pas l'expérience qu'il souhaite faire vivre à son public. «Il faut que l'intellect et la libido connectent», formule-t-il.
«Les jeunes ne sont pas le public cible. Ce n'est pas du tout un show de rap. C'est un show de paroles», répète Ivy, dans un souci davantage d'inclusion de toutes les générations, que d'exclusion ou d'exclusivité de l'une ou de l'autre.
D'ailleurs, loin de renier les jeunes, il leur fait découvrir son art par le biais d'ateliers dans les écoles.











