Isabelle Therrien, nièce de la victime, relatera pour la première fois le point de vue de la famille dans cette histoire, avec les faits tels que vécus de l'intérieur.
Disparue en 1961 alors qu'elle n'avait que 16 ans, Denise Therrien avait été retrouvée morte à Lac-à-la-Tortue, quatre ans plus tard.
Marcel Bernier, un fossoyeur du coin, avait finalement été reconnu coupable en 1966. L'histoire avait touché la Mauricie évidemment, mais avait débordé rapidement à la grandeur du Québec, voire du Canada.
Après le livre Le fossoyeur, sorti en 1977 et écrit de la main de Bernier lui-même, et le film La Lâcheté, de Marc Bisaillon, qui reprenait en 2007 la version de Bernier, la famille Therrien a souvent déploré que l'attention se porte sur la version de l'accusé, et non pas sur celle de la famille de la victime.
C'est ce que souhaite rétablir l'auteure du prochain bouquin. Isabelle Therrien avait d'ailleurs entrepris ce livre en 2006, peu après avoir appris qu'on sortirait un film sur Marcel Bernier.
Depuis trois ans, elle a multiplié ses recherches pour se nourrir des documents du procès et des archives, recueillant au passage des informations que même la famille ne connaissait pas.
«Je me base surtout sur les sentiments de mon grand-père (Henri, le père de Denise Therrien), sur ceux de Denise et sur les lenteurs de l'enquête policière.» L'auteure y publiera notamment les nombreuses lettres que M. Therrien avait adressé aux ministres.
Il faut savoir que Henri Therrien, décédé en 2001, a espéré jusqu'à son dernier souffle faire toute la lumière sur la mort de sa fille. Depuis sa disparition, il avait cumulé absolument tout ce qui avait été écrit sur ce sujet.
Isabelle Therrien ne peut s'empêcher d'établir un lien avec la famille de Cédrika Provencher. «Depuis les années 1960 jusqu'à aujourd'hui, les choses n'ont pas tellement changé», observe-t-elle.
«Dans un dossier de disparition, si la famille ne s'implique pas, l'enquête tombe dans l'oubli. La police n'a pas les effectifs nécessaires pour poursuivre, surtout sur quatre ans. Tout est aux frais des victimes et les gens n'ont pas de ressources pour payer tout cela.»
Travailleuse à temps plein, Isabelle Therrien a effectué toutes ses recherches et a procédé à la rédaction de son bouquin les soirs et les week-ends. L'exercice de l'écriture a été parfois ardu, dit-elle.
«Au début, j'en ai presque fait des cauchemars. J'étais beaucoup dans le procès et il m'est arrivé de rêver à Marcel Bernier.»
Le livre, qui comptera autour de 400 pages, s'ouvrira sur une préface signée Michel Auger et se terminera sur les démarches personnelles d'Isabelle Therrien à la sortie du film La Lâcheté.
La jeune femme publie son livre à compte d'auteur, avec un tirage de 750 copies au départ qui seront disponibles aux librairies Clément-Morin dans la région, aussi bien à Shawinigan qu'à Grand-Mère.
Le lancement se fera à Shawinigan, à une date et un endroit qui restent à déterminer.












