Un petit échantillon de six artistes offre une bien petite fenêtre, mais on peut quand même affirmer qu'elle est riche de talent, la relève mauricienne.
Prête pour passer à une autre étape. Prête pour les salles, les publics plus larges, les défis plus grands.
La bande des six qu'on a choisie pour représenter l'avenir de la chanson d'ici était composée d'Ingrid St-Pierre, de Trois-Rivières, Dan Lemay, de Shawinigan, Daniel Morissette, de Trois-Rivières, Michael Petiquay, de La Tuque, Baptiste Prud'homme, de Grandes-Piles et David Robert, de Saint-Étienne-des-Grès.
Cinq gars pour une fille, et pas bien grosse, la fille, en plus. Mais géant, son talent.
À ce titre, personne n'a à rougir dans la bande. Ils sont étonnamment solides, comme s'ils faisaient ça depuis toujours. Pas du tout intimidés par la salle, les jeunes.
Une mise en scène dynamique de Fabiola Toupin a d'ailleurs favorisé un côté sympathique et relax sans être brouillon.
Chacun a, bien sûr, offert ses chansons, mais on a favorisé les collaborations que ce soit par six ou par duos, pour créer une atmosphère réjouissante.
Musicalement, le folk était à l'honneur. Les gars ont chanté leur réalité, leur coin de pays, leur société, dans une bonne humeur entraînante favorisée par l'esprit du groupe qui semble s'être bien soudé au cours des répétitions qui les ont réunis.
Si chacun a sa personnalité, une homogénéité dans les styles favorisait cette approche pour offrir, en bout de ligne, un spectacle réussi.
Pas de temps mort, des capsules vidéo présentant chacun des artistes dans ses propres mots, une atmosphère bon enfant. Charmant.
Dans l'ensemble, on a pu remarquer avec plaisir la place donnée aux textes. Les jeunes ont des choses à dire et du talent pour le faire.
Les textes n'apparaissent pas comme de vagues compagnons à la musique. On y perçoit des préoccupations sociales et une place considérable donnée à l'identité.
David Robert est celui des gars qui avait le matériel le plus singulier et le plus porté vers le personnel avec des chansons un peu moins teintées de folk que ses confrères.
Cela dit, vous comprendrez qu'on ne puisse se prononcer sur les textes de Michael Petiquay, en langue atikamekw. Au son, cependant, ça semblait très bien. On ne peut que se réjouir qu'on ait pensé à lui pour représenter le Haut St-Maurice et les premières nations.
Ingrid St-Pierre, pour sa part, a orienté davantage sa participation vers l'intime, ce qui sied particulièrement bien à sa petite voix et à son piano, simple et harmonique.
Dans ce spectacle joyeux et entraînant, elle a apporté une touche d'émotion qui a probablement culminé avec la chanson dédiée à sa grand-mère souffrant de la maladie d'Alzheimer. La jeune femme a un don manifeste pour les mots et l'émotion.
Le spectacle sera présenté de nouveau à Shawinigan, au Centre des arts, le 13 novembre, de même qu'au Complexe culturel Félix-Leclerc de La Tuque, le 18 novembre.
Il serait plus que dommage, indécent, même, qu'il n'ouvre pas de nouvelles portes à ces jeunes musiciens qui le méritent amplement.
Cette excellente initiative a évidemment le mérite de leur donner une tribune mais, tout aussi important, elle permet au public de constater la qualité de cette relève qu'on ne connaît que trop peu et qui a pourtant des trésors à nous offrir.











