Fred Pellerin lance Silence en toute émotion

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Fred Pellerin      ... (Photo: Olivier Croteau)

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Fred Pellerin

Photo: Olivier Croteau

Linda Corbo

Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Montréal) Fred Pellerin a lancé son album Silence, hier, à L'Espace Dell'Arte à Montréal. Sur les coups de 18 h, il a changé l'atmosphère du lieu, transformant le jovial «5 à 7» du départ en un moment de pure beauté. Yeux fermés, concentré, habité, il a contaminé son auditoire en cinq pièces, via une voix qui semble être directement collée aux parois du coeur.

Au micro, Fred Pellerin avait choisi de défiler cinq des 12 pièces de son album hier. Guitare à la main et violoncelle tout près pour Les Marie, l'une des trois chansons qu'il signe sur cet album. Seul au micro et poings fermés pour la superbe Mommy, sur fond de contrebasse. À l'accordéon pour L'alouette, brillant pour honorer Quand vous mourrez de vos amours de Vigneault, et à l'harmonica pour Silence.

Le conteur n'a pu s'empêcher de dérider l'atmosphère un brin avec quelques pointes d'humour ici et là, tentant lui-même d'échapper au flot d'émotions qui le tenaillaient visiblement au fil de ses interprétions. Mais sa voix s'est tout de même brisée au moment de saluer le travail laborieux de son réalisateur et ami Jeannot Bournival, et la patience de sa douce, à qui, dit-il, il a volé quelques soirées pour concocter ce Silence.

Imprégné par les textes qu'il interprète, il n'a pas caché ses propres émotions hier soir. «Pour moi, c'est ben dur», disait-il en annonçant sa dernière pièce. «C'est un registre d'émotions que je connais mal.»

Or, à l'issue de ses cinq chansons, les invités étaient tout bonnement sonnés. «Très touchée. Je suis très touchée», notait Fabiola Toupin en reprenant son souffle. La chanteuse trifluvienne résumait bien l'effet généralisé qui occupait alors les lieux. «Fred a toujours eu cette profondeur, même quand l'humour est mis de l'avant. Mais aujourd'hui, on a droit au Fred vulnérable, au Fred fragile, et c'est d'une beauté... C'est beau de l'entendre chanter Mommy, de l'entendre chanter Vigneault. Il a fait des beaux choix. De voir cette âme de grand sage dans ce corps de lutin, ça m'inspire beaucoup.»

Non loin, la comédienne Renée Houle, qui partage l'un des textes de son album (la pièce Là-bas), se cherchait un peu d'air après le tour de chant de son ami. «Je pleure, c'est juste ça», laisse-t-elle tomber. «Il ne contrôle pas cette fois. J'aime le voir comme ça. Et ses plus belles chansons, ce sont les siennes.»

Dans un coin, deux autres fans de la première heure, Mariloup Wolfe et Guillaume Lemay-Thivierge appréciaient également les moments de ce lancement. «Il est tellement touchant», note la comédienne. «C'est pas compliqué, tout ce qu'il fait vient me chercher. J'aime sa vérité, sa sensibilité. Ses chansons sont belles, c'est en plein mon genre, cette douceur. On se fait bercer par ses chansons. Il a une si belle voix.»

Guillaume Lemay-Thivierge se dit pour sa part vendu à Fred Pellerin depuis un bon moment déjà. «Fred, c'est intelligent, drôle, sensible, nuancé. Et pour nous écoeurer encore plus, il reste simple, authentique, il joue de la guitare, de l'accordéon, de l'harmonica, il doit bien jouer du piano avec ça...» sourit-il. «C'est un artiste multidisciplinaire et son art, il le maîtrise parfaitement bien. C'est aussi un gars qui a fait beaucoup de bien à des personnes proches de moi qui avaient le cancer. Je peux dire que la thérapie par le rire, ça marche.»

À l'arrière de la salle hier, Nicolas Pellerin était ravi lui aussi. «Je suis content. Fred, c'est un artiste d'une classe à part. C'est mon frère alors depuis qu'il est petit que je le vois aller, que je le vois grandir. Il a plein de projets et le produit final est toujours au rendez-vous. Il fesse dans le mille avec tout ce qu'il fait», dit-il. «Fred, c'est ça. C'est de l'émotion brute parce qu'il est transparent, et parce qu'il s'assume.»

 

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