Dans le premier créneau, l'église Sainte-Cécile deviendra un espace à louer pouvant accueillir jusqu'à 750 personnes, une dimension qui se fait plutôt rare actuellement à Trois-Rivières.
Pour servir cette vocation, on retirera complètement les bancs d'église en les remplaçant par des chaises confortables, mais qui pourront être déplacées, note Jean-François Aubin, coordonnateur de l'organisme «Démarches des premiers quartiers de Trois-Rivières» (DPQTR), qui a initié le projet, et membre de Spect-Arts, qui deviendra propriétaire de l'église sous peu.
Le lieu pourrait alors être disponible pour des événements ponctuels, des congrès, soirées ou soupers-bénéfices par exemple. On installera par ailleurs un système de rideaux permettant différentes configurations de la salle pour accueillir des groupes plus restreints, le tout dans un environnement au charme particulier. «On ne touche pas au cadre de la salle. On veut partir de la beauté de cette église.»
Le deuxième volet du lieu sera résolument culturel, notamment avec animations historiques par le biais du théâtre, ateliers, visites guidées du quartier et expositions qui ne cadrent pas avec les lieux de diffusion existants, que l'on parle de galeries ou de musées.
L'important, note Jean-François Aubin, c'est de devenir un lieu complémentaire à ce qui existe déjà et non un compétiteur. «On n'entrera pas en compétition avec la salle J.-Antonio-Thompson, la Maison de la culture et le Théâtre du Cégep», donne-t-il en exemple.
«Nous avons un créneau plus spécifique. La seule interface commune, ce serait peut-être les petits ensembles de musique et, parfois, le théâtre.»
Comme diffuseur, le partenariat devrait être une avenue privilégiée, que ce soit avec les producteurs ou les institutions d'enseignement. «On veut que ce soit un projet largement appuyé par la communauté», note M. Aubin.
Les deux nouvelles vocations de l'église Sainte-Cécile ont été déterminées à la suite d'une étude de marché qui révèle que le lieu devrait rejoindre d'abord et avant tout un marché local, avec possibilité de débordements progressifs sur le plan régional.
Or, M. Aubin ne rejette toutefois pas l'idée d'y présenter éventuellement une production qui pourrait devenir un produit d'appel pour la ville, à plus grande échelle.
Derniers détails avec le diocèse
Pour le moment, le diocèse de Trois-Rivières, qui est propriétaire des lieux, est à s'assurer des derniers détails avant que la transaction devienne effective. «Nous n'avons pas encore la signature de Mgr Veillette mais il s'agit d'une question de jours», note M. Aubin.
À ce jour, la Société de développement économique et la DPQTR ont déjà engagé des sommes de 26 000 $ pour s'assurer de la nouvelle indépendance de l'église et du presbytère, deux bâtisses adjacentes. Plusieurs travaux restent à faire, notamment pour l'aménagement de toilettes et de vestiaire au sein de l'église.
Dans l'entente entre les deux parties, il est convenu que le diocèse se garde un droit de regard sur la vocation générale du lieu. «En revanche, il s'agira d'un endroit désacralisé», précise M. Aubin.
Il ajoute que le projet devra être viable. «On a eu 300 000 approches de gens pour utiliser l'église gratuitement mais il faut comprendre que ce n'est pas un projet du gouvernement. On doit s'assurer que ça s'autofinance.» Ceci dit, «les produits que nous offrirons seront accessibles», ajoute-t-il.
Trois-Rivières sur Saint-Laurent
Si le projet de Trois-Rivières sur Saint-Laurent se concrétise bel et bien, l'église Sainte-Cécile pourrait par ailleurs devenir une entrée intéressante pour ce site, via la rue des Commissaires.
Cet été, la partie promenade qui sera aménagée à proximité du fleuve risque déjà d'attirer une nouvelle affluence. «L'église sera une entrée. On va utiliser ce lieu pour en faire une halte.» Dans cet esprit, il est déjà convenu qu'un petit espace-café sera installé sur le parvis de l'église.
«Et si tout va, il devrait y avoir des condominiums à proximité de l'église alors pour ces gens, il y aura dès le départ un espace culturel et un espace-café disponibles.»
Mais tout d'abord, l'église devrait être utilisée dès 2010. «Ce que l'on souhaite, c'est être en mesure au printemps d'annoncer une première petite programmation pour l'été.»











