Cet instrument est associé à la musique folklorique québécoise. Pour Alain-François, il représente aussi symboliquement que matériellement un lien avec sa famille.
«J'ai grandi dans une famille de musiciens. Aux fêtes, on sortait les violons, les accordéons... Mon grand-père m'a légué son violon quand j'avais sept ans», raconte celui qui garde précieusement cet héritage qu'il espère pouvoir transmettre à sa fille un jour.
«J'ai appris le violon, et ma principale motivation était d'arriver aux fêtes familiales avec mes morceaux et les jouer avec les grands», poursuit-il pour décrire la source de son intérêt pour la musique traditionnelle festive.
Au secondaire, Alain-François s'est tourné vers la guitare. «J'avais fait deux ans de violon classique, mais ce n'était pas assez festif, et je voulais chanter. C'était moins évident avec le violon, et la guitare était plus facile à apprendre», complète le musicien qui entretenait aussi une passion pour le sport.
Il jouait au hockey et pendant les trajets menant aux parties à l'extérieur, il chantait dans l'autobus... C'est à l'occasion d'un spectacle au Cégep de Victoriaville qu'il a eu la piqûre de la scène et qu'il a commencé à jouer dans les bars de sa région, notamment pendant ses études en enseignement de l'éducation physique à l'Université du Québec à Trois-Rivières.
Privilégiant le côté traditionnel boîte à chanson, il a notamment développé son répertoire aux Deux Pierrots à Montréal, où il acceptait de longs contrats.
«Ça a été mon terrain de jeu. J'ai monté mon band, toujours en restant dans une sorte de trad, mais en essayant de faire différent», note-t-il. Certains des musiciens de cette période de sa carrière, tous du Centre-du-Québec, travaillent encore avec lui aujourd'hui.
Trois disques
C'est après avoir été remarqué lors de ses prestations aux Deux Pierrots qu'Alain-François s'est fait proposer un contrat de disque avec Zone 3. Son premier album éponyme est paru en 2003. L'auteur-compositeur-interprète pouvait enfin mettre en valeur ses propres créations, qu'il accumulait parallèlement au répertoire de covers joué dans les bars.
Sans renier ce premier opus, l'artiste en retient le côté plus pop, une saveur qui ne le représentait pas à 100 %. «Avec un contrat de disque, c'était plus difficile pour moi d'être totalement libre dans ma création. Il y avait un cadre», analyse-t-il.
Pour son deuxième album, paru en 2007, Alain-François a choisi l'indépendance en quittant Zone 3. Ce deuxième disque, aussi éponyme, correspond davantage à son essence. Des artistes comme France D'Amour, Mara Tremblay et Florent Vollant y collaborent.
Le troisième, intitulé Vivant, a été lancé en novembre dernier.
«C'est un disque avec beaucoup d'humour. C'est encore du trad, mais avec des histoires très actuelles», explique-t-il. Des exemples? Playa Del Sous-sol parle de la récession, Luc et Luce de la corruption en politique, et Ça peut s'ramasser dans ton verre aborde la pollution de l'eau.
Alain-François sera en spectacle à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture le vendredi 29 janvier.
«Il y aura beaucoup de folie. Ce sera très, très festif, avec beaucoup de percussions. Les gens doivent s'attendre à ce que ça bouge. J'interviens avec les gens, je les fais chanter», décrit-il.
Le 20 février, il chantera au Festival des sucres de Nanaïmo, sur l'île de Vancouver, et trois jours plus tard, il se produira à Vancouver dans le cadre des Jeux Olympiques d'hiver.











