À la retraite de l'enseignement depuis quelques années, le musicien habitait les Laurentides. Il a composé plus de 75 oeuvres dont quatre symphonies, plusieurs oeuvres pour orchestres et de nombreux concertos.
Jacques Hétu avait été nommé membre de la Société royale du Canada en 1989, officier de l'Ordre du Canada en 2001, officier de l'Ordre national du Québec en 2007 et il y a quelques jours à peine, il recevait le Prix Opus Hommage du Conseil québécois de la musique pour l'ensemble de son oeuvre. Il est probablement le compositeur canadien le plus joué à l'étranger et il a donné son nom à une école de musique dans le secteur Cap-de-la-Madeleine en 1999.
La nouvelle de son décès a évidemment ébranlé le monde de la musique à Trois-Rivières, ville qui aura occupé toute sa vie une place spéciale dans son coeur. À preuve, il a composé encore l'an dernier une oeuvre quasi symphonique pour l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières intitulée Sur les rives du Saint-Maurice.
À l'OSTR, la directrice générale Thérèse Boutin a confirmé le lien privilégié qui unissait l'orchestre et le grand compositeur.
«Il avait une relation privilégiée avec l'orchestre, et ce, depuis longtemps. Ça tient d'abord à une relation d'amitié avec deux des chefs de l'orchestre: Jacques Lacombe et Gilles Bellemare. Nous avons eu la chance de présenter plusieurs oeuvres de ce grand compositeur entre autres à cause du lien qu'il entretenait avec Gilles et Jacques. Je ne peux dire combien nous en avons interprété depuis que l'OSTR existe mais depuis 2005, nous en avons créées trois.»
«Il avait été très touché que nous lui commandions des oeuvres. Il avait même dédicacé son Concerto pour alto à Jacques Lacombe. J'avais pu constater qu'il avait un sincère attachement pour Trois-Rivières. Malgré son statut, il n'y avait pas la moindre trace de prétention chez lui.»
«C'était un compositeur né. Quand nous lui avons commandé son oeuvre en marge du 375e anniversaire de Trois-Rivières, il venait d'avoir une demande de Québec pour en composer une pour leur 400e. Il avait accepté avec plaisir, malgré tout, en me disant qu'il avait tout ce qu'il lui fallait en tête. Il a composé la pièce d'une seule traite. Comme il le disait lui-même, il avait la tête pleine de notes et il était aussi un grand perfectionniste.»
«Notre public a beaucoup apprécié ses oeuvres. À l'automne, la présentation de Sur les rives du Saint-Maurice s'est terminée sur une ovation spontanée. C'est rare.»
Le directeur de l'école Saint-François d'Assise, Mario Readman, a été celui qui a proposé qu'on nomme une école à son nom.
«J'étais enseignant de piano à l'école Saint-Coeur-de-Marie en 1998 et nous étions en plein processus de relocalisation, relate-t-il. J'estimais que l'école de musique devait porter le nom d'un compositeur. J'ai proposé que ce soit celui de Jacques Hétu. Sa femme Jeanne était plus enthousiaste que lui, mais par la suite, il a toujours été un partenaire extraordinaire, assistant à tous les concerts et allant même jusqu'à composer pour les élèves.»
«Il a été un grand Trifluvien un peu oublié à une certaine époque. Un homme avec un talent et une oreille musicale incroyables en plus d'être un très grand pédagogue, ce qui en faisait un candidat parfait pour nommer une école à son nom. C'était un véritable génie, vous savez. N'oublions pas qu'il a été récipiendaire du Prix d'Europe en composition, en 1961, ce qui lui avait permis d'aller étudier avec Olivier Messiaen, en Europe; il avait été le premier compositeur à le recevoir depuis Henri Mercure en 1927. En 1967, Glenn Gould a enregistré ses Variations opus 8 pour piano.»
«Il a été le plus grand compositeur que Trois-Rivières ait connu et il a eu un véritable impact national et international.»











