La distribution dans son ensemble est forte, la production offre plusieurs savoureux flashes de mise en scène et est servie par un jeu d'éclairage efficace pour diriger le public vers une panoplie d'univers, et ce, dans un décor tout simple, qui n'est composé que de quelques structures en paliers. En prime, on a droit à un texte porteur d'une écriture raffinée.
Le hic, c'est que le propos risque d'en laisser certains perplexes, un groupe auquel j'appartiens définitivement. Côté intérêt, rarement me suis-je retrouvée autant sur la voie de service, en parallèle d'une soirée qui a pourtant semblé retenir l'attention d'un public majoritairement composé d'élèves du secondaire, hier soir. Un public réactif et d'une qualité d'écoute exemplaire soit dit en passant.
Le sujet donc. On se retrouve devant Jacques, un valet interprété par Guillaume Cholette-Janson, et son maître, campé par Patrick Lacombe, deux comédiens qui portent la pièce sur leurs épaules de manière assez heureuse merci.
Le tandem brise le quatrième mur d'entrée de jeu en s'adressant directement au public, avant d'entreprendre chacun son tour le récit de leurs aventures amoureuses passées.
Des amours malheureuses d'abord et avant tout, qui nous permettent de découvrir deux hommes désoeuvrés, chez qui la bouteille et la baise occupent la majeure partie de leurs réflexions, sinon quelques questionnements sur la fatalité de la vie qui demeurent en surface.
Entre les deux, le ton est au badinage et au libertinage. Et dans leurs histoires, les meilleurs amis sont tantôt des salauds, tantôt des salopards, les femmes sont majoritairement des putains ou se définissent par leur arrière-train, les deux genres évoluant dans un univers peuplé de tricheurs, de cocus et autres personnages perfides.
Difficile de s'y émouvoir ou de s'attacher à l'un des personnages proposés. Difficile aussi d'en ressortir avec une réflexion élaborée.
En revanche, on ne pourra que sourire devant les prestations offertes. Outre le tandem Patrick Lacombe et Guillaume Cholette-Janson, Marie-Andrée Leduc et Martin Bergeron offriront aussi leur tour venu plusieurs scènes délectables en épousant la forme comique de leur personnage respectif.
Chez les personnages satellites, on notera par ailleurs certains traits animaliers que l'on se plaira à retrouver dans le ton ou la gestuelle de chacun.
Au-delà du propos, la soirée donne une autre belle occasion de constater à quel point l'art de la scène se porte bien à Trois-Rivières. Autrement, on risque toutefois de demeurer sur notre faim.
Pour qui veut tenter l'expérience, la pièce est présentée de nouveau ce soir et demain, 20 h, de même que jeudi, vendredi et samedi soirs prochains.










