Le film est considéré pour le titre de meilleur film alors que le cinéaste, originaire de Gentilly, est sur la liste de nominations comme meilleur réalisateur.
On retrouve également Maxim Gaudette, en lice pour le titre du meilleur acteur de soutien, Pierre Gil pour la meilleure direction artistique, Pierre Blain, Claude Beaugrand et Stéphane Bergeron pour le meilleur son, Richard Comeau, pour le meilleur montage alors que Benoît Charest est en nomination pour la meilleure musique.
Polytechnique sera en compétition au titre de meilleur film avec 1981, Le jour avant le lendemain (Before Tomorrow), Dédé à travers les brumes et J'ai tué ma mère. Villeneuve se retrouve sur la même liste que Marie-Hélène Cousineau et Madeline Piujuq Ivalu, pour Le jour avant le lendemain (Before Tomorrow), Xavier Dolan, pour J'ai tué ma mère, Jean-Philippe Duval, pour Dédé à travers les brumes et Ricardo Trogi, pour 1981.
Par ailleurs, la Trifluvienne d'origine Anne Dorval est en nomination au titre de meilleure actrice pour sa performance dans J'ai tué ma mère.
Rejoint tout juste avant son départ pour Paris où il présidera au mixage du son film Incendies, Denis Villeneuve a accueilli ces nominations avec modestie.
«Évidemment, je suis très honoré de ces nominations mais en même temps, je suis un peu déçu parce que certains des artisans les plus importants du film, comme Martin Pélissier, de la direction artistique, n'y sont pas malgré un travail très impressionnant. En fait, je lui avais dis en l'engageant que je souhaitais qu'il ne soit jamais mis en nomination parce que je voulais que son travail soit si bon qu'il soit invisible, qu'on ne le remarque pas. Il a parfaitement réussi! Il y a Karine (Vanasse) et Sébastien Huberdeau, aussi, dont j'ai beaucoup aimé le travail mais qui ne figurent pas dans les nominations.»
Le réalisateur se refuse à revendiquer tout le mérite de sa propre nomination.
«Comme c'est un travail d'équipe, j'aurais tendance à partager ma nomination avec Pierre Gil (directeur photo) et Richard Comeau (monteur). En même temps, ça me touche parce que ç'a été un gros défi de réalisation, ce film-là. Le fait qu'il ait autant de nominations, c'est bon, parce que c'est un film qui a été ardu à financer. Beaucoup de gens ont eu peur de ce projet-là mais il a été très bien reçu un peu partout, ici comme un peu partout à travers le monde. J'espère que ça va inciter les bailleurs de fonds à donner de l'argent à des films difficiles et j'espère que ça va inciter des cinéastes à aborder des sujets délicats. Je crois profondément à cette nécessité-là.»
«C'est un film qui me hante toujours et j'y repense encore même si je suis complètement absorbé par Incendies. C'est une excellente chose que de se replonger dans un autre projet immédiatement après avoir terminé un film aussi difficile. C'est très sain, mentalement.»
Anne Dorval, pour sa part, voyait un sens particulier à cet honneur reçu chez elle. «Ça a toujours une signification particulière quand ça vient de chez nous. Ça vient de gens qu'on connaît, avec qui on est lié. C'est un métier tellement exigeant et où on peut être oublié tellement vite que je trouve que le seul fait de pouvoir encore l'exercer après plus de 20 ans, c'est déjà une grande chance.»
Elle se réjouit aussi des nominations de Xavier Dolan à titre de scénariste et réalisateur. «Il le mérite: il a mené ce film à bout de bras. Il l'a écrit en s'ouvrant les veines, pratiquement. C'est vraiment un bourreau de travail qui a toujours des idées de projets, de scénarios et le problème, c'est que toutes ses idées sont bonnes, alors, il veut tout faire. En ce qui me concerne, j'ai de belles offres pour le cinéma mais je suis très occupée par ailleurs alors, ça ne me laisse pas beaucoup de disponibilité pour tourner. L'été prochain, peut-être.









