L'animateur Paul Arcand était de passage à Trois-Rivières en compagnie de ses collaborateurs Denise Bombardier et Jean Lapierre de même que Mario Cecchini, vice-président de Corus Québec.
«On fait une présentation de la même ampleur que celle qu'on fait pour un lancement de programmation en début de saison, a expliqué Mario Cecchini, à la différence que cette fois, ça se fait en milieu de saison. Mais le changement est assez important pour justifier qu'on fasse les choses en grand.»
Cela dit, pour l'animateur, la nouvelle donne ne constitue pas un si gros changement. «Au niveau de la mécanique, pour la synchronisation de l'information en ondes, il y a des ajustements qui vont se faire mais quant au contenu, pas tellement. Contrairement à ce qui a été charrié, ce n'est pas de la montréalisation de l'information, expression que je trouve un peu insultante pour le public, d'ailleurs. Le commentaire que Denise (Bombardier) ou Jean (Lapierre) ont fait ce matin, ils auraient très bien pu le faire sur l'ensemble du réseau. Ce matin, j'ai parlé au procureur du terroriste de Maskinongé. Ce n'est pas un sujet de la Mauricie, c'en est un qui touche tout le monde. J'ai fait l'exercice de vérifier notre contenu pour voir si j'aurais changé des choses dans la nouvelle configuration de diffusion et la réponse, c'est: à peine. Peut-être certaines approches un peu différentes, mais rien quant à l'essentiel. Il n'y aura pas de rapports de circulation de Montréal.»
L'animateur affirme que l'espace local sera respecté. «Il va y avoir des bulletins locaux dans chacune des stations où on aura un journaliste en poste. Si un matin, un événement local est particulièrement important pour la région, le bulletin local pourra demeurer en ondes plus longtemps sur le sujet. Troisièmement, si le sujet local peut intéresser l'ensemble de la population, on va le traiter ensemble. Pour moi, ce n'est pas ça une montréalisation. C'est vrai que ça s'est fait tout croche dans le passé, qu'il y a eu des expériences pas toujours intelligentes, mais je pense qu'on est rendu ailleurs.»
Arcand va jusqu'à dire que la nouvelle formule pourrait même avoir des avantages pour l'information régionale. «J'ai appris hier, de passage au Saguenay, qu'il y a là-bas un projet pilote du gouvernement sur la fluoration de l'eau pour l'étendre éventuellement à l'ensemble de la province.C'est une nouvelle régionale qui peut avoir un impact national. Ça permet de sortir de la région un dossier qui, autrement, n'aurait peut-être pas eu le rayonnement suffisant.»
On assure cependant que l'information régionale continuera de se faire dans les stations régionales, mais davantage dans l'émission de retour à la maison. «Le temps consacré à l'information locale ne changera pas, assure Mario Cecchini. André Rancourt va voir son émission d'après-midi allongée pour faire le tour des sujets régionaux.»
Les responsables admettent que le changement qui va se produire lundi n'en est pas tant un de contenu de l'émission que de facilitation de sa diffusion.
Paul Arcand comprend, par ailleurs, les réactions négatives qui ont accompagné la nouvelle à l'effet que l'émission en provenance du 98,5 FM sera désormais diffusée sur quatre stations régionales de Corus Québec à Saguenay, Sherbrooke, Gatineau et Trois-Rivières.
«Je le comprends parce que ce genre d'initiative a été mal faite dans le passé. Que les gens soient inquiets, c'est normal. Je comprends que le morning man d'ici ne trouve pas ça drôle. C'est sûr. Maintenant, je dis qu'on peut peut-être écouter ce que ça donne et après, on portera un jugement. Si les gens n'aiment pas ça, ils vont nous le faire savoir.»
«Je pense que ça peut contribuer à la santé de stations de radio locales. Myriam Ségal faisait un excellent travail au Saguenay. Elle s'en va l'après-midi. Si nous pouvons simplement faire aussi bien qu'elle le matin, ce sera déjà énorme et elle, de son côté, pourra élaborer davantage l'après-midi sur les sujets régionaux, ça va faire une meilleure information régionale en bout de ligne et c'est ça qui fait une station régionale en santé. Évidemment, sur le coup, c'est un choc, mais mon expérience me dit que quand un média régional marche, on est capable de rehausser la qualité de son information. On vit peut-être une simple transition qui pourrait nous mener vers quelque chose de bien.»










