Selon la police de Trois-Rivières, en revenant chez lui, il aurait fait une chute s'infligeant des coupures sévères, notamment aux poignets, en raison du bris d'une bouteille de vin. Il serait tout de même monté à son appartement où il n'aurait pas réussi à appeler les secours. On l'a retrouvé inanimé un peu plus tard.
Jeff Andrews n'était pas très connu du grand public, mais il l'était avantageusement dans le milieu de la production de spectacles. Il dirigeait depuis quelques années le groupe Soar qui se spécialise dans les spectacles punk-rock.
Hier, les intervenants interrogés avaient tous la même expression pour le décrire: grand passionné de musique. Le guitariste Steve Hill connaissait bien Andrews puisqu'il a été son premier gérant en carrière. «J'avais 16 ans quand j'ai connu Jeff. Je jouais au bar Le Touristique à Trois-Rivières et c'est lui qui produisait les spectacles. On a toujours travaillé ensemble après. C'était un de mes meilleurs chums», mentionnait le musicien visiblement affecté par la nouvelle.
«Ça fait 20 ans qu'il produisait des shows à Trois-Rivières et chaque fois il perdait de l'argent. Il le faisait parce que c'était un tripeux de musique. Son rêve aurait vraiment été d'avoir une salle où il aurait pu produire ses spectacles, ce qu'il n'avait plus depuis la fermeture du Maquisart», ajoute Steve Hill.
Jeff Andrews s'impliquait dans plusieurs sphères. En plus de la production, il a été membre de comités de programmation de grands événements.
«Jeff était un grand amoureux et un grand connaisseur de la musique. Il produisait des spectacles punk-rock et métal que personne ici n'osait produire», mentionnait Yvon Laplante, l'un des propriétaires de l'ancien Maquisart. «Il a été partenaire de la première heure avec nous dans l'aventure. On faisait la coproduction de spectacles. On assumait le risque à deux parce qu'au départ, aucun des deux n'avaient vraiment l'argent pour le faire», se souvient M. Laplante.
Avec le groupe Soar, qu'il a fondé avec Guillaume Huard, il a produit une cinquantaine de spectacles en deux ans dont quelques-uns à Sherbrooke, Drummondville et Québec. À Trois-Rivières, il avait ses endroits de prédilection dont Le D'Artagnan's, le café Nord-Ouest et l'Université du Québec à Trois-Rivières. C'est au groupe Soar que l'on doit la venue dans la région de Sum 41 à l'UQTR. En solo, il avait aussi produit Misstress Barbara au D'Artagnan's.
Le directeur général du FestiVoix, Stéphane Boileau, était atterré hier lorsqu'il a appris la nouvelle. Il se souvient, par contre, des bons coups de Jeff Andrews au moment où il oeuvrait à la programmation du festival. Il était là pour les éditions où on a pu voir sur scène Good Charlotte et Tragically Hip.
«C'était un très grand fan de musique et il avait un grand souci de la qualité des bands qu'il invitait. Il avait aussi une mémoire incroyable. Il pouvait sortir des dates comme ça. Et chose qu'on savait moins, c'est qu'il était un grand fan de baseball. Il portait toujours sa casquette des Yankees», racontait M. Boileau visiblement secoué.
«Je sais que Jeff avait un regret dans sa vie, c'est celui de ne pas avoir produit Nirvana à Trois-Rivières. Il avait eu l'occasion de le faire, mais il avait alors jugé que le risque était trop important. Il l'a toujours regretté parce qu'il savait que Nirvana allait devenir un groupe important», souligne M. Boileau.









