Les Cowboys fringants ouvriront le FestiVoix

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Les Cowboys fringants

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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Personne ne pourra accuser le FestiVoix de ne pas frapper fort pour son ouverture. Avec les Cowboys fringants, on mise non seulement sur un groupe susceptible de rallier à peu près tous les publics mais sur une des figures de proue de la musique populaire québécoise mais qui, en plus, voit sa carrière connaître une véritable éclosion en Europe. Il s'agit là d'un hommage bien clair au côté festif du groupe qui semble ne plus avoir de frontière. Que demander de plus pour ouvrir un festival d'été sur sa grande scène?

Au moment de joindre le bassiste du groupe, Jérôme Dupras, il revenait justement, avec ses comparses, d'un court séjour de cinq jours en Suisse, pour deux spectacles dans le cadre d'un festival québécois à Lausanne.

«On s'est assis il y a quelques années et on s'est demandé ce qu'on voulait comme modèle pour notre carrière, raconte le musicien. Il y avait une telle demande en Europe qu'on aurait pu passer six mois par année là-bas. On a plutôt préféré y aller trois ou quatre fois par année, pour deux semaines à chaque fois, histoire de garder un équilibre entre les spectacles au Québec, des spectacles en Europe et nos projets plus personnels. À chaque fois qu'on y va, il y a une super réaction là-bas. Comme cet été, on fait les Francofolies de La Rochelle mais juste un aller-retour de façon à se garder du temps pour les festivals au Québec.»

Il y a, dans ces seules décisions, quelque chose qui définit bien les Cowboys fringants. Les motivations des membres du groupe n'en étaient pas de marché ni d'argent.

«Nous avons tous entre 30 et 34 ans et nous ne voulons pas nous exténuer sur la route. Déjà, la tournée actuelle est amorcée depuis deux ans et on a encore énormément de plaisir à faire chaque spectacle. On se garde une bonne dose d'improvisation dans chaque spectacle et on n'est pas épuisés par cinq spectacles par semaine. La tournée, même si on reçoit plein d'énergie du public, c'est exténuant. On pourrait en faire plus mais à chaque fois qu'on se présente sur scène, on est très heureux et la réaction est très trippante, autant pour nous que le public.»

«On a la chance d'en vivre depuis 2002 et c'est une chance parce que c'est tellement difficile pour un groupe au Québec. On a tous décidé de faire du groupe notre projet prioritaire mais en même temps, on ne veut pas éteindre tout ce que chacun peut avoir de projets personnels. On est choyés et c'est pour ça qu'on travaille fort aussi bien en studio que sur scène.»

En Europe, le public est plus jeune, semblable à celui qui a fait exploser le groupe au moment de la sortie de l'album Break syndical. Au Québec, on a aussi cette tranche d'âge là mais on retrouve aussi bien des bouts de chou de cinq ans que des têtes blanches; ça donne quelque chose de beaucoup plus large ici. C'est vraiment excitant d'expérimenter les deux types de public parallèlement.»

S'il est un secret derrière ce succès, c'est sans doute l'authenticité. «Notre secret, c'est d'être des professionnels du broche à foin. Toujours garder une grande part d'improvisation, être en action-réaction avec le public et capter la magie de l'interaction comme on le fait entre nous lors du travail en studio.»

Évidemment, les albums ne se vendent plus comme avant mais les Cowboys font partie des chanceux pour qui la vente des albums demeure intéressante.

«C'est l'accumulation des diverses sources de revenus qui nous permet de bien en vivre. Ceux qui en souffrent le plus, ce sont les artistes qui émergent présentement parce que les 2000 albums qu'ils vendaient et qui leur assuraient une survie, ils ne les vendent plus. Dans notre cas, entre La grand-messe et L'expédition, il faut diviser les ventes par 2,5 mais on est quand même à 100 000 donc, on n'est pas à plaindre. Selon moi, c'est cyclique; si on prend notre temps entre chaque album pour se renouveler, on peut peut-être s'assurer de survivre entre les sommets des cycles.»

Le groupe se présentera sur scène avec six musiciens et une équipe technique de cinq personnes. La section de cuivre qui accompagnait le groupe a disparu, remplacée par des musiciens multi-instrumentistes. Quant à la teneur du spectacle au FestiVoix, impossible de le dire puisque le choix des chansons se fera une heure avant l'apparition sur scène.

«L'énergie sonore a changé, concède Dupras. Je dirais que c'est un peu plus rock qu'avant. On présente une dizaine de chansons tirées de L'expédition et Sur un air de déjà vu. Pour le reste, ça se décide une heure avant le spectacle. On reste malléable de sorte que quelqu'un qui nous verrait cinq fois au cours de l'été n'aurait jamais deux fois le même spectacle. On réagit en fonction de l'ambiance et de l'énergie qu'on sent le soir du concert pour aller chercher le public selon ce qu'il nous envoie comme message.»

 

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