Hier soir, l'Ontarien Steve Strongman a probablement donné le ton à l'événement pour les prochains jours. Le musicien a promené sa virtuosité sur plusieurs avenues du blues histoire de mettre en haleine les amateurs de tous les styles.
Malheureusement, les amateurs étaient peu nombreux. Les organisateurs avaient programmé le spectacle trop tôt, sans doute. À 19 h 30, il n'y avait que quelques fans pour accueillir l'homme fort (Strongman... c'est un jeu de mot) du blues canadien.
On espérait attirer la foule habituelle des 5 à 7 des jeudis au centre-ville, mais devant les conditions atmosphériques incertaines et même rébarbatives à certains moments, de foule, il n'y avait point. Tant pis.
Il reste que les amateurs présents étaient des connaisseurs qui ont beaucoup apprécié le trio formé de Strongman à la guitare, Colin Lapsley (portrait vivant d'un Mario Dumont qui serait devenu décontracté) à la basse et Dave King à la batterie. Les trois étaient appuyés par quatre énormes enceintes acoustiques grâce auxquelles aucune note ne se perdait dans l'espace du Temple ou sur la rue des Forges, du reste.
Plus tard en soirée, nul doute que le spectacle aurait provoqué des étincelles. Strongman est non seulement un guitariste d'exception mais derrière son air de rien avec son complet gris clair et sa petite casquette sur les yeux, il est aussi un redoutable chanteur et meneur de jeu.
Ça nous a valu, entre autres, un solo de guitare du musicien debout sur le bar principal du Temple et des efforts plus que louables pour s'adresser et stimuler son public dans un très sympathique français.
Un bon spectacle de blues qui augure très bien pour les trois jours à venir. Déjà, ce soir, on n'y va pas de main morte avec Angel Forrest, Hubert Sumlin, une légende, et Rick L. Blues, les trois sur la scène principale.
La scène acoustique, rue Hart, est réservée pour samedi et dimanche après-midi. La programmation est trop dense pour qu'on en fasse le tour, alors on ne peut que vous inciter à la consulter sur Internet au www.3renblues.com. Qu'il suffise de mentionner la présence de Steve Hill, Nanette Workman, Dawn Tyler Watson ou Layla Zoe pour vous mettre l'eau à la bouche.
Christian Gamache, directeur général de Trois-Rivières en blues, est très fier de sa programmation et plus qu'optimiste pour la deuxième édition de son événement.
«Ce soir (hier), on présente un musicien extraordinaire en Steve Strongman et il ne fait même pas partie des têtes d'affiche du festival de cette année. Ça donne une idée de la qualité de notre programmation. Grâce à Internet, je me tiens au courant de tout ce qui se fait en blues à travers le monde et je connais la réputation de Steve. Comme je sais déjà qu'il ne sera pas disponible l'an prochain pour venir ici, j'ai sauté sur l'occasion d'aller le chercher cette année. Non seulement la programmation est très relevée, mais elle est aussi très diversifiée. Le blues est un style qui regroupe beaucoup de genres et notre programmation va en témoigner toute la fin de semaine.»
«C'est tellement large qu'on va en offrir pour tous les goûts. On reçoit des demandes de gens de l'extérieur qui s'informent de la programmation. C'est bon signe. Il va y avoir toute une foule sur la rue Badeaux, je peux déjà te le garantir. En plus d'offrir deux scènes différentes, on va aussi avoir notre tente sur la rue Badeaux où on va présenter différentes cliniques pour les musiciens amateurs. C'est important d'aller chercher une jeune clientèle en leur permettant de s'identifier à des musiciens connus qu'ils vont suivre dans les années à venir. On prépare notre avenir.»
Rappelons que tous les spectacles seront gratuits.











