Lundi, un regroupement d'universités canadiennes, d'hôpitaux et d'organismes de charité a lancé un appel à l'aide au ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, lui demandant d'assouplir certains critères pour rendre les dons de charité plus alléchants pour les entreprises. Cette demande a été faite en prévision du prochain budget qui sera dévoilé le 27 janvier. Ces mesures pourraient aider les organismes qui dépendent des dons à traverser la tempête économique.
Le recteur de l'UQTR, Ghislain Bourque, apprécie beaucoup cette démarche, même si la CREPUQ (Conférence des recteurs et des principaux des Universités du Québec) n'y a pas été associée. M. Bourque estime qu'il faut maintenant porter la question au niveau provincial. Le sujet devrait d'ailleurs être soulevé lors de la prochaine rencontre de la CREPUQ, dit-il.
La directrice générale de la Fondation de l'UQTR, Martine Lesieur, a donc été mandatée afin de sensibiliser la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, à l'importance de stabiliser, par diverses mesures fiscales, la position qu'occupe l'UQTR dans le «marché» des dons. Ces mesures s'adresseraient notamment aux entreprises non cotées à la bourse qui font des dons de charité sans pouvoir être exemptées de l'impôt sur le gain en capital.
«Sur les 380 entreprises qui ont donné à la dernière campagne majeure (de la Fondation de l'UQTR), à peu près 360 sont des PME. Donc, si les règles fiscales changeaient, pour elles, ce serait très avantageux», plaide Mme Lesieur. «S'il y avait une plus-value, celles qui hésitent donneraient peut-être 150 000$ au lieu de donner 100 000$», illustre-t-elle.
«Les mesures qui sont demandées, protègent mieux les fonds et inciteraient un petit peu plus les gens du milieu économique à donner aux universités», croit pour sa part le recteur.
Mme Lesieur croit que la Fondation de l'UQTR n'a pas le choix, malgré le contexte économique difficile, de mener quand même une campagne de sollicitation à partir de cette année, une opinion que partage le recteur bien que la décision finale ne sera prise que cet été.
«On a l'impression qu'on n'a pas le choix. Il faut y aller pour consolider et fidéliser nos partenaires, quitte à ce qu'ils donnent moins, quitte à ce qu'ils passent un tour», dit-il.
«Si on n'y va pas, les autres vont y aller à notre place», renchérit Mme Lesieur.
La Fondation de l'UQTR joue un rôle capital dans le fonctionnement de l'université. Elle permet notamment aux professeurs de pouvoir décrocher certaines subventions pour lesquelles l'université doit obligatoirement fournir une part.
«Des subventions sont souvent données de la façon suivante. Le provincial en donne 40%, le fédéral en donne 40% et il reste un 20% qu'il faut combler. Si on n'est pas capable de le fournir, ça compromet la subvention de recherche et donc la recherche. Et c'est par les fondations souvent que les universités y arrivent. C'est une dynamique très importante. Quand on n'a pas ce levier-là, on sait d'avance que les professeurs vont avoir beaucoup de difficultés à percer les grands fonds canadiens», explique Ghislain Bourque.
La Fondation de l'UQTR possède 15 millions$ en capitalisation, un humble acquis à préserver pour une fondation qui aspire à atteindre un jour les 100 millions$ ou 150 millions$. C'est bien peu, évidemment, si l'on compare à des universités comme McGill dont la Fondation bénéficie de près d'un milliard$. Malgré cela, pour l'UQTR, ces 15 millions$ font toute la différence.










